‹ Platon [microform]Chapitre 74 sur 287 · Y. sur ce point, LuTOsLAwWSKI, LOC. Cil., P · texte numérisé non relu

Y. sur ce point, LuTOsLAwWSKI, LOC. Cil., P

tout idéale, d’une vie sociale faite « pour des dieux et des fils de dieux », comme celle de la République; Platon y décrit un système de gouvernement qu'il croit réalisable, bien qu’encore très supérieur à la réalité. On comprend que, dans un travail de ce genre, il ait évité les spéculations trop abstruses pour s’en tenir à ce que peuvent saisir des hommes cultivés, mais étrangers aux discussions métaphysiques.

Platon se choisit d'ailleurs des interlocuteurs conformes à son dessein. Clinias et Mégille sont des politiques avisés dont l'intelligence est restée novice en matière d’arts et de philosophie. Ils « ont de la peine à suivre » l'Étranger, lorsqu'il leur parle du plaisir, de la douleur, et du rapport que soutiennent ces deux états de conscience avec l'espoir et la crainte! Ils n'entendent rien à la peinture?, presque rien à la musique et ne connaissent la gymnastique que d’une manière défectueuse 3, L'un d’eux, le crétois Clinias, avoue qu'il n’est point familier avec Homère et qu'il n'en a lu que fort peu de chose 4. Quand Platon arrive à son programme d'éducation civique, il exprime la crainte que « leur inexpérience » ne les rende incapables d'entendre sa pensée ὃ. Ils laissent percer euxmêmes l’appréhension de ne pas comprendre, au moment où l'on essaie de leur faire voir que c’est une impiété de vivre dans l'ignorance ou l'erreur à l'égard des astres ὅ.

Au dixième livre, l'Étranger aborde le problème de l'existence des dieux et se trouve contraint d'entrer dans une discussion à la fois plus abstraite et plus complexe que les précédentes. Il emploie alors une série de procé-

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