‹ Platon [microform]Chapitre 75 sur 287 · RE À LEE · texte numérisé non relu

RE À LEE

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dés pour préparer ses compagnons de route à l'intelligence du sujet qui va se débattre. Il les encourage en leur promettant de donner à sa pensée ce tour facile et lumimeux

qui plait au commun des hommes! ; il hésite en face de

la question posée, afin d’exciter leur désir et leur attention?; puis, il change tout à coup la marche du dialogue : au lieu de les interroger, Ἱ se met à parler en leur propre nom, bien convaincu qu’ils ont l'esprit trop inexercé pour lui répondre *.

Manifestement, ni Mégille le spartiate, ni Clinias le crétois ne sont faits pour suivre jusqu’au bout les méandres de la dialectique : Platon, en introduisant de tels personnages dans ses Lois, s’est réduit à l'impossibilité d'y retracer les grandes lignes de son idéologie.

Ce n’est pas qu'iln'en tienne plus aucun compte. « Invisible dans ses paroles, elle est toujours présente à Sa pensée » ἡ. On peut la considérer comme l'arrière-plan des Los.

Il exprime en plusieurs passages le besoin de ramener le divers à l’un, de chercher la définition des choses (ὃ τί

er ἔστ᾽ et d'en discerner l'essence (οὐσίαν). Cet art lui parait rigoureux et souverainement efficace : il va jusqu à dire qu’il est «divin » ?. Or il ne laisse entendre nulle part que ces expressions aient une signification purement formelle. C’est donc qu'il les comprend comme par le passé : c'est que les définitions et les essences sont encore à ses veux des réalités éternelles et subsistantes. Toute autre

conclusion ne peut être qu'un abus de logique. On-n'a

4. V. BrocgaRD, Les « Lois » de Platon et la théorie des idées (L'Année philosophique, 1902, pp. 1 et sqq.).

5. II, 668; IV, 718° : οὗ πάνυ ῥάδιον ἐν ἑνὶ περιλαθόντα εἰπεῖν αὐτὰ οἷόν

τινι τύπῳ; — Ibid., ΧΙ, 960" οἱ 5644.

pas le droit de penser qu’un philosophe cesse de croire à ce qu'il a dit, par le fait qu’il cesse de Le dire. Pour mettre un auteur en contradiction avec lui-même, il faut quelque chose de plus que le silence ; il faut des paroles. Qui osera soutenir, par exemple, que Spinoza, dans le Traité politique, nie la distinction des idées adéquates et inadéquates, parce qu'il ne la mentionne pas?

Au livre IX°, Platon trouve l’occasion de parler de la justice, à propos de l'opinion courante, au sens de laquelle il y ἃ des fautes volontaires et des fautes involontaires. Il le fait en des termes semblables à ceux que contiennent les dialogues les plus décidément idéologiques. D’après ce passage, toute action juste est telle dans la mesure où elle « communie à la justice »; et c'est « dans cette mesure aussi qu’elle participe à la beauté », vu que la justice est chose essentiellement belle. Même raisonnement avec les mêmes expressions au sujet des « Passions justes », c'est-à-dire des peines que les coupables peuvent subir en conséquence de leurs fautes!. C'est le langage du Banquet, de la République et du P'hédon ; et, par conséquent, c'en est aussi la doctrine.

Vers la fin du livre ΧΙ", Platon esquisse à grands traits le programme de l'éducation qu’il convient de donner aux membres du « conseil nocturne ».

Ce programme comprend les mathématiques, la musique, l'astronomie, la science de la vertu, la connaissance de Dieu et de la vie future?. C’est à peu près ce que l’on trouve dans la République, si l'on excepte les idées. Mais Platon ne s’en tient pas là; il passe à la méthode qu'il

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