‹ Platon [microform]Chapitre 8 sur 287 · Id., ibid · texte numérisé non relu

Id., ibid

qu’elle est!. Or, dans le premier de ces deux écrits, l’auteur ne fait que préparer sa réponse, en déblayant le terrain des scories sophistiques qui le recouvrent; c'est dans le second seulement qu’il la donne : ce qui démontre assez bien que ce dernier dialogue n’a paru qu'après l'autre, vu que Platon a l'habitude d'établir ses doctrines par voie d’éliminations successives. On peut dire, il est vrai, que le Ménon lui-mème conclut négativement ?. Mais il n'y ἃ là qu’une apparence, qui tient à la manière énigmatique de Platon. Si l’on considère le but et l’agencement de ce dialogue, on voit que la solution du problème est fournie de la page 87° à la page 89°.

Il est probable aussi que le Ménon a suivi le Gorgtas. On sait l'étrange sévérité avec laquelle sont traités dans ce dernier dialogue les politiques les plus célèbres d’Athènes : Périclès, Cimon, Miltiade et Thémistocle euxmêmes y sont présentés comme n'étant pas « des hommes de bien », vu qu'ils n’ont travaillé qu’à « satisfaire leurs désirs et ceux des autres », au lieu de diriger leur cité vers la science et la pratique de la vertu 8. Le Ménon le prend sur un ton plus modéré. La vertu de Thémistocle, celle d’Aristide, de Périclès et de Thucydide, voire même celle d’Anytus sont mises hors de cause; il reste vrai seulement que ces personnages, si recommandables par ailleurs, n’ont pas eu l’art d'enseigner la vertu #. Cette différence d’allure ne peut guère s'expliquer que par un accroissement de sérénité dans l’art de la composition et peut-être aussi par l’apaisement progressif des passions politiques ÿ. La doctrine du Ménon est aussi plus avancée que celle du Gorgias. C’est dans le premier de ces deux

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