‹ Pleurésie Double Latente: Séro-FibrineuseChapitre 10 sur 17 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Le traitement de la pleurésie double latente ne diffère guère du traitement ordinaire des pleurésies avec épanchement. Cependant, si les deux plèvres contiennent du liquide, la thoracentèse sera le plus souvent nécessaire.

Mais cette règle n'est pas absolue et nous verrons qu'il existe des contre-indications.

Pour Dieulafoy, l'urgence de la thoracentèse ne peut et ne doit être basée que sur la quantité de liquide épanché ; dès

que le liquide atteint ou dépasse 1800 gr., peu importe que le

malade ait ou non de la dyspnée, il n’y a pas d'hésitation possible. aie

D'après M. Potain, l'indication de la thoracentèse doit être cherchée dans les considérations suivantes :

1° Les troubles fonctionnels.

2° L’abondance de l’épanchement.

3° [L'âge de l’épanchement.

4° La nature de lépanchement.

1° Troubles fonctionnels. — M. G. Sée dit qu’on doit, pour opérer, attendre les signes d’asphyxie bleue ou blanche. M. Lancereaux n’opère que quand la dyspnée est intense.

D’autres attendent la tendance syncopale.

L'opinion de Dieulafoy et de Potain est qu’on ne doit jamais attendre l'apparition de ces signes. [ls manquent souvent, surtout la dyspnée, ou préviennent trop tard.

2° L'abondance de l’épanchement se juge d’après sa hauteur. Quand le niveau atteint la clavicule, si le poumon paraît

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affaissé et s’il y a des signes de distension de la cavité pleurale, [à thoracentèse est urgente.

3° L'âge de l’épanchement ne peut guère se déterminer dans la pleurésie latente, le malade ne pouvant donner aucun renseignement.

4° La nature de l’épanchement n’a ici qu’une importance secondaire, car nous savons que dans les pleurésies doubles latentes le liquide est presque toujours séro-fibrineux.

Des objections sérieuses ont été opposées à la pratique de la thoracentèse à la suite de pleurésie survenue chez un tuberculeux. Pour Laënnec, tant que l'épanchement existe la tuberculose reste stationnaire ; mais, si on fait disparaitre le liquide, l'affection primitive reprend sa marche. Legroux allait plus loin et pensait que la pleurésie, chez les tuberculeux arrivés à la période des cavernes, pouvait favoriser leur guérison. |

Pidoux disait que, tantque l’épanchement subsistait, la tuberculose semblait sommeiller pour reprendre son activité l'épanchement une fois disparu. Colin pensait, comme Pidoux, qu'il y avait un certain antagonisme entre la tuberculose pleurale et la tuberculose pulmonaire.

Perret (de Lyon), Hérard et Cornil, pensent également que

l'épanchement pleurétique peut être de nature à enrayer la maladie, par suite de la compression à laquelle est soumis le poumon et de la non-vascularité de l'organe qui en est la conséquence.

. Enfin, M. le professeur Potain est d'avis que ces épanchements peuvent dans certains cas, par le repos et la compression qu'ils procurent aux poumons sous-jacenis, retarder la marche de la tuberculose.

Bayle, Louis, Trousseau, Peter, pensent, au contraire, que

pee la pleurésie de longue durée entretient une phlegmasie au pourtour du poumon dont elle gêne les fonctions au profit des développements tuberculeux possibles chez tous les sujets. Devant des opinions aussi contradictoires et soutenues de part et d’autré par des autorités médicales telles que Laënnec, Potain, Trousseau et Peter, il serait peut-être permis d’hésiter sur la conduite à tenir dans le cas de pleurésie unilatérale, Mais, dans le cas de pleurésie double, il nous parait que la thoracentèse s'impose, étant donné la possibilité toujours proche de la mortsubite. Si l’épanchement était très peu con- Sidérable, peut-être alors seulement devrait-on remettre l’opération.

« On ne peut pas, dit Perret(de Lyon), laisser persister un

épanchement considérable, la syncope sera toujours à redouter. On devra extraire le liquide partiellement; mais, lorsque la nature voudra se charger de la résorption, il sera toujours préférable de la laisser agir; la résorption se fera lentement. »

Dans le cas, enfin, où la thoracentèse étant pratiquée, on craindrait une marche plus rapide de la tuberculose par suite de la congestion des poumons, on pourrait, suivant l’ingénieuse idée de M. Potain, remplacer par de l'air stérilisé, le liquide évacué au fur et à mesure de sa sortie.

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