‹ Pleurésie Double Latente: Séro-FibrineuseChapitre 9 sur 17 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

Dans ce chapitre, nous nous occuperons plus spécialement de la mort subite dans la pleurésie latente double.

Nous ne voulons pas dire que ce soit là toujours la terminaison de cette affection. Quand la pleurésie est d’origine rhumatismale elle a une grande tendance de se résorber. Dans la tuberculose, il arrive également que l’épanchement disparaît spontanément. Mais il suffit de lire le Bulletin de la Soc. méd. des hôpitaux et les différentes discussions sur la thoracentèse qui y sont reproduites, pour voir les préoccupations qui ont assailli des médecins éminents à propos de la mort subite dans la pleurésie.

« Ilest à remarquer, dit M. Weill, dans la Revue de Médecine, que c’est dans les formes dont l'aspect est le moins menaçant, chez des malades sans fièvre, sans dyspnée, se tenant hors du lit, alors qu'aucun avertissement ne vient faire présager l'issue funeste, qu'éclatent, dans quelques cas, des accidents des plus graves aboutissant à la mort instantanément ou au bout de quelques instants. Cette éventualité est d'autant plus grave qu’elle laisse parfois dans l'esprit du médecin quelques doutes et quelques regrets sur la façon dont il a dirigé le traitement. » |

C’est généralement de vingt à trente ans qu'on observe la mort subite dans la pleurésie. L'homme y paraît prédisposé. Sur vingt-quatre cas, nous n’en avons trouvé que cinq se rapportant à des femmes.

Chomel, Requin, Cruveiihier, Oulmont, avaient observé la mort dans des cas relativement anciens, datant de quelques

no semaines et même de quelques mois. Depuis les exemples se sont multipliés.

On a depuis longtemps déjà cherché une explication à la mort subite dans la pleurésie. Nous ne reproduirons pas toutes les théories émises. Nous donnerons seulement les conclusions de M. Weill sur ce sujet. Voici les principaux faits qui ressortent de son travail sur les causes de la mort subite dans la pleurésie :

1° La mort subite dans la pleurésie paraît conjuguée à certaines lésions dont les principales sont : les thromboses ou les embolies du cœur et de l'artère pulmonaire, les altérations du myocarde qui échappent souvent, car elles exigent l'emploi du microscope.

2° Les cas de mort subite attribuées à de simples troubles fonctionnels comme la syncope grave, à des troubles mécaniques comme la déviation du cœur, la torsion des vaisseaux, la courbure à angle droit de la veine cave ascendante, à des lésions hypothétiques comme les embolies capillaires du cerveau, doivent être provisoirement réservées. |

3° La mort subite survient dans les pleurésies les plus diverses, aisuës ou chroniques, à épanchement progressif, stationnaire ou en retrait. Généralement le liquide est séreux.

4° Les pleurésies qui se terminent par la mort subite s’accompagnent ou non de symptômes particuliers, tels que accès de dyspnée, syncope prémonitoire, pouls irrégulier, déviation cardiaque. Souventla mort survient au milieu des apparences les plus satisfaisantes. Elles se produit le plus généralement à l’occasion d’un mouvement ou d’un effort.

5° Le traitement — la thoracentèse — a une action pré-

ventive efficace.

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