‹ Pleurésie Double Latente: Séro-FibrineuseChapitre 14 sur 17 · NS NUE · texte numérisé non relu

NS NUE

deux saignées et appliqua un vésicatoire sur le côté droit de la poitrine. Au bout de vingt jours, tous les symptômes morbides avaient disparu, sauf une oppression modérée qui n'empêcha pas le malade de reprendre son état. [Il y a six mois, il eut une ascite considérable qui guérit au bout d'un mois de traitement par les diurétiques et les purgatifs drastiques. L'oppression persista, sans augmenter ni diminuer. Il y a dix jours, le ventre devenait plus volumineux, et c'est pour cela qu'O... entra à l'hôpital.

I n'y a pas eu de point de côté ; le déeubitus est resté indifférent ; le malade dormait avec tranquilité, sans rêves ni réveils en sursaut, et n'avait enfin que de l'oppression.

Le 5 mars, on note : Teint coloré, la figure est celle d'un homme en bonne santé ; oppression modérée augmentant par la marche, surtout par la marche rapide ; parole facile, sans anhélation, Nulle douleur ni pesanteur à la poitrine, déeubitus indifférent, habituellement dorsal ; dilatation marquée du côté droit de la poitrine : les espaces intercostaux sont saillants à la partie antérieure voussure thoracique, depuis la région sous-claviculaire jusqu’au tiers inférieur de la poitrine. À la mensuration, la circonférence supérieure du thorax donne à droite 41 cent., à gauche, 40 cent. La circonférence droite, 38 cent., à gauche. 37 cent. et demi. Matité complète du côté droit dans toute sa hauteur, dépassant, en avant, la ligne médiane et s'étendant jusqu'aux cartilages des côtes gauches ; en bas elle dépasse de 3 centimètres le rebord des fausses côtes. Pas de sillon appréciable entre ce rebord et la face convexe du foie. Du côté gauche, sonorité normale. A droite, absence complète du bruit respiratoire excepté au sommet, où l’on entend un souffle léger et assez obscur. Résonnance profonde de la voie percue dans la moitié supérieure, très obscure dans le reste de la poitrine. A droite, respiration puérile. Le ventre est volumineux, souple, indolent ; on y trouve les traces d’un épanchement médiocre. Point d’appétit, constipation, urine peu abondante ; œdème des extrémités inférieures, pouls mou (78).

Le 15, à la suite d’un-traitement par les diurétiques et les pilules de Bontius, l'épanchement de l'abdomen avait presque complètement

- disparu, mais il reste toujours un peu de dyspnée. Celle-ci est du

reste à peine appréciée par le malade, qui est levé toute la journée. Les signes physiques du côté de la poitrine n'ont pas varié (on applique un large vésicatoire sur le côté droit).

Le 25, point de changement du côté des organes thoraciques. La dyspnée est très peu marquée, le malade monte et descend les escaliers, sans être obligé de s'arrêter; dans ce cas même l'oppression est médiocre. Il n'y a plus de liquide dans l'abdomen. Etat général très bon. (On supprime les boissons nitrées et on donne trois portions.) |

Le 27, le malade était très bien le matin et ne se plaignait de rien. Dans la journée il alla au jardin, puis remonta pour se faire raser. Au milieu de cette opération, il se trouva mal, se coucha sur son lit, et mourut. Cela avait duré dix minutes pendant lesquelles sa figure prit une teinte violacée. e |

Aurorsie (trente-six heures après la mort). — Tête. — On trouve une cuillerée de sérosité limpide dans les ventricules latéraux. La substance cérébrale est de bonne consistance, très injectée par suite de la réplétion considérable des vaisseaux intra et extracérébraux. Les méninges sont à l’état normal.

Thorax. — Toute la cavité pleurale droite est remplie par un liquide qui s'écoule pendant qu’on enlève le sternum. Ce liquide est de la sérosité un peu trouble, tenant en suspension une grande quantité de matière albumineuse, disposée en flocons épais et étendus. Sa quantité peut être évaluée à deux ou trois litres. Après l'avoir laissé

s’écouler, on trouva tout à fait au sommet et à la partie interne une

masse du volume d’un citron, solidement maintenue en place par une fausse membrane blanchâtre. Cette masse, adhérente de tous côtés au sommet de la poitrine, est le poumon, affaissé, réduit et transformé en un tissu mou, flasque, sans crépitation et d’une couleur rouge brunâtre assez foncée. |

Du reste, il n'offre aucun vestige de lésion antérieure. Lamembrane qui tapisse la partie externe et inférieure de cette masse lui est solidement adhérente ; elleest dense de l'épaisseur de deux à trois millimètres, et adjacente à un tissu noirâtre qui est induré dans une hauteur d'un demi-centimètre environ. Ce tissu noirâtre tapisse toute la face adhérente de la pseudo-membrane. La cavité pleurale qui contenait ce énorme épanchement est dilatée, sans traces de fausses membranes à la partie postérieure et antérieure ; mais, en bas, la plèvre diaphragmatique et la plèvre costale postérieure qui l’avoisine sont tapissées par une couche pseudo-membraneuse de l'épaisseur d’un à deux millimètres, molle blanchâtre, se laissant détacher avec facilité. En haut,

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