‹ Pleurésies et Épanchements Intrarissables Considérations sur quelques formes cliniquesChapitre 9 sur 28 · C. — L'épanchement · texte numérisé non relu

C. — L'épanchement

Il se présente macroscopiquement avec les caractères typiques d’un exsudat séro-librineux, c’est-à-dire sous l'aspect d’un liquide jaune citrin, ambré, parfois légèrement rosé s’il contient une certaine quantité de sang.

a) ETUDE PHYSICO-CHIMIQUE.

Le petit nombre d'observations que nous avons pu réunir et le peu de temps dont nous disposions ne nous a pas permis de faire une étude poussée des caractères physico-chimiques de ces épanchements.

Il eût été notamment intéressant de voir, en suivant régulièrement leur évolution, s’ils subissaient une transformation des différents taux de leurs composants en fonction de la récidive même de l’épanchement après ponctions répétées.

Il nous semble toutefois, d’après les quelques résultats que nous avons sous les yeux, que ces épanchements varient peu et se comportent dès le début, comme par la suite, en véritables exsudats.

La réaction de Rivalta se montre régulièrement positive. En ce qui concerne leur teneur en albumine, les deux seuls résultats que nous ayons nous donnent les chiffres de 23 et 33 grammes par litre. Il semble que ces chiffres soient un peu inférieurs aux taux donnés pour classiques dans les pleurésies séro-librineuses et qui varieraient de 40 à 60 grammes par litre.

Or, il est généralement admis que cette richesse du liquide pleural en albumine est fonction de l’acuité et de l'intensité du processus inflammatoire.

Il nous semble donc permis de supposer que, dans le cas particulier, cet abaïssement relatif du taux de l’albumine signe une moindre acuité du processus inflammatoire, ce qui cadrerait assez bien avec ce que nous avons dit plus haut de la faible intensité des signes généraux dans la plupart des cas. Germe ? terrain ? autant de questions qui ressortissent du domain? de Ia physio-pathologie.

Le taux des chlorures oscille autour de 6 grammes et ne ‘abaisse pas beaucoup, même lorsque les ponctions ont dû

S être répétées.

LR NROT EUR b) ETUDE CYTO-BACTÉRIOLOGIQUE.

Ces épanchements se présentent sous un aspect qui reste généralement invariable, à peu de chose près, pendant toute la durée de leur évolution.

Les examens successifs des divers liquides recueillis nous ont permis de constater la présence

— de lymphocytes la plupart du temps nombreux: — de cellules endothéliales isolées ou en placards: — de quelques polÿnucléaires certaines fois,

—- et d'hématies en quantité variable.

Is sont généralement caractérisés aussi par l’absence de flore microbienne.

Quant au bacille de Koch, comme nous aurons à y revenir: en parlant du diagnostic, il n’est pas facile à mettre en évidence dans ces liquides d’épanchements intarissables.

A la suite des travaux de Karwacki, Durand, Charkansky, et Veber, on sait que le bacille tuberculeux se présente souvent dans les liquides pleuraux sous des aspects atypiques, différents dés formes rencontrées dans les crachats ou les organes tuberculeux. Selon Karwacki et Veber, ces formes alypiques seraient des formes de dégénérescence dues à des phénomènes de « défense antibacillaire » réalisés par la présence de différents anticorps ou de lipases. Et cependant ces produits inoculés à l'animal reproduisent une tuberculose commune avec corps bacillaires typiques. De plus, Bezancçon, Buc et Brodiez nous font remarquer que « même si la vitalité da bacille était parfois diminuée dans les épanchements chroniques, il faudrait encore démontrer que cette diminution de vitalité est bien due à l’action du liquide et peut être produits in vitro. Mais quand on ajoute ce liquide pleural à des milieux de culture ordinaires, on constate que, loin d’entraver le développement du bacille, il le favorise plutôt ».

Quoi qu'il en soit, ces formes atypiques paraissent avoir d'étroites analogies avec celles que le bacille de Koch présente dans les lésions tuberculeuses de réinfection, telles

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