‹ Pleureuses; poésiesChapitre 2 sur 67 · ADIEU · texte numérisé non relu

ADIEU

Vous consolez presque les heures.

L'aube est encore pâle, et c'est biea loin demain... Inclinez vos fronts purs en passant sous les branches, Et puis, toutes les deux, très calmes et très blanches, Allez dans les champs gris en vous donnant la main.

Je ne reviendrai plus dans la ville si belle Qui sur l'horizon las s'endort d*éloignement; Le petit bois ému m'attend plaintivement, Et là-bas ma maison regarde devant elle.

Je suis parti bien loin des âmes que j'aimais. Je marche le cœur vide et les mains conquérantes, Je marche devant moi sur les routes pleurantes Et j'irai doucement sans m'arrôter jamais.

Nous ne toucherons plus les choses anciennes,

Vous ne me suivrez pas où je m'en suis allé ;

Vos âmes auraient froid'sous ce ciel désolé,

Et vos petites mains trembleraient dans les miennes.

Mon souvenir, la nuit, qu'il soit paisible et vieux, Pour que l'aube en entrant dans lachambre encor vague Et touchant faiblement votre front qui divague Ne vous retrouve pas des larmes dans les yeux.

Vous pourrez, en quittant Todeur des chèvrefeuilles, Lentes, vous promener sur les grands prés unis, Aller dans les bosquets, pleins du concert des nids, Et voir un peu d'azur dans les dessins des feuilles.

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