‹ Pleureuses; poésiesChapitre 31 sur 67 · L'OUVRIÈRE · texte numérisé non relu

L'OUVRIÈRE

Sous le rayonnement suprême, L'ouvrage s'affaisse et s'endort, Et pleine de paresse d'or Tu t'émerveilles de toi-même.

C'est le bonheur très bon, sans fin, La bénédiction sans cause, En la pauvre âme pauvre éclose Pour qui la fatigue est du pain.

La nuit est indistincte et sage, Elle chante à mi-voix le jour, L'ombre est pleine d'un grand amour ^ Gomme une chose qu'on partage.

Faible en même temps et vainqueur, Tu recueilles le grand silence, La bonne et douce récompense Qui te caresse jusqu'au cœur.

La lumière pauvre et profonde T'enveloppe d'enchantement, Tu souris, tu crois vaguement Sentir la justice du monde.

Béni, celui qui vit ses yeux Éblouis par un bon mystère, Bénis, coux qui trouvent sur terre Le vague salut d'être heureux !...

Tendrement, tu luttes encore.

Et comme une grâce des cieux, Le sommeil exauce tes yeux Et le front penché qui l'adore.

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