‹ Pleureuses; poésiesChapitre 30 sur 67 · L'OUVRIERE · texte numérisé non relu

L'OUVRIERE

La vie imparfaite.

Ta blanche lampe t'illumine, Quand frileuse, ayant peur du bruit, Tu travailles tard dans la nuit A quelque tâche un peu divine.

Déjà ton labeur est moins sûr...

Tu lèves les yeux, comme un crime, Tu vois venir la paix sublime, Et la charité de l'azur.

Humble devant ta destinée Tu sombres doucement en tout.

L(i sommeil a surpris ton cou , Tu te redresses, étonnée...

Pauvre enfant qui n'a pas régné, Pauvre femme, pauvre princesse.

Voici qu'en ce soir de caresse Ton cœur trop paisible a saigné.

Et nul n*est là pour le sourire, Et doucement, tu te souris.

L'ombre a des rideaux attendris.

Tu t'étonnes d'être martyre.

Et la misère de tes mains S'entr'ouvre; la lampe l'embrase, De les regards voilés d'extase Tu sens couler des pleurs humains.

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