LA RESSEMBLANTE
Et tout frissonnant de vous voir, J'ai repris ma marche sans trêve Et j'ai rêvé notre grand rêve, Comme de la nuit dans le soir !
LA HAINE
Nous n'
avons rien qui nous unit
N» :is irons dans la vie unis, quoi qu'il advienne, Et ma route sera la tienne.
Si jo sentais tes doigts mourants quitter ma main, Ton chemin serait mon chemin.
Hélas ! viens avec moi sous les étoiles blanches. Elles sont dans mon cœuF les veilles de là-bas; La tristesse du vent monte à Tàme des branches, Nous parlerons un peu, puis tu t'endormiras.
Le passé se désole au fond des nuits qui meurent Nous parlerons un peu d aube pâle et de foi. De vieil azur confus où mes souvenirs pleurent ; Oh! viens, ta petite âme est triste comme moi.
160 PLEURP^USES
Je t'ai trouvé jadis par une nuit très noire, Pauvre ange de faiblesse avec ton front lassé, Et comme je rêvais, je t'ai donné ma gloire. Et toi, tu m'as donné doucement ton passé.
Mon destin s'appuya sur ta mélancolie
Et depuis que j'ai vu ton regard attristé
Je sens pleurer en moi les choses qu'on oublie,
Les choses de légende et de simplicité.
Je sens que nous allons, perdus dans l'œuvre immense. Que l'horizon nous garde avec ses bras d'ampleur, Qu'un vague crépuscule entre dans mon silence. Et que mon grand génie est comme un grand malheur.
Ton cœur s'est désolé dans mon cœur monotone, Tu mêlas ta faiblesse à ma fatalité.
Toi qui veux qu'on supplie et qui veux qu'on pardonne. Tu mis sur mon bonheur le deuil de ta beauté.