‹ Pleureuses; poésiesChapitre 41 sur 67 · HÉLAS! VIENS AVEC MOI · texte numérisé non relu

HÉLAS! VIENS AVEC MOI

Nous tiendrons pour toujours nos mains mélancoliques, Sur la route infinie où s'en va la douleur. Je porte Tavenir dans mes yeux pacifiques, Calme et désespéré comme un consolateur.

J'aurais mené ton rêve à mes apothéoses.

Hélas, tu n'as gardé de mon désir pieux

Que la détresse calme et la douceur des choses,

Et l'ampleur du sommeil qui vient fermer tes yeux !

Oh! tu n'as pas senti vers la nuit infinie Quelque chose dans toi frémir et s'enflammer, Et tu meurs doucement dans ma monotonie, 0 toi qui. n'as pas eu le grand pouvoir d'aimer!

Tu n'as pas su la paix des âmes conquérantes, Tu n'as pas eu le rêve inconsolable et nu. Ton deuil s'est attristé dans les choses mourantes Le grand pouvoir d'aimer, tu ne l'as pas connu.

in-2 PLEURF.USES

Craignant le sourd vertige et les vagues rafales, Tu te blottis vers moi lorsque tomba le soir. Je porterai ta vie avec mes deux mains pâles, Comme un calme martyre et comme un saint devoir.

Nous irons lentement où mon destin me pousse. Les rêves du passé montent comme des pleurs, Ma voix sera tranquille et ta voix sera douce. Nous serons reconnus par les grandes douleurs.

Retrouve au loin les voix confuses dans la chambre, Les après-midi longs oij meurt un vieux soleil, Le jardin pâle avec les feuilles de novembre, Et tu pourras dormir parmi tout ce sommeil.

Ces choses balbutient lorsque lu les dévoiles, Puis retombent au soir grandissant et berceur, La rumeur de la nuit se tait dans les étoiles, Ton front est lourd, ton àme est morte de douceur...

Page 1