‹ Pleureuses; poésiesChapitre 47 sur 67 · SECRET · texte numérisé non relu

SECRET

J'ai peur quand vient le soir de flamme Ainsi qu'un morne moissonneur...

Ils te livrent, mais ils te gardent, Tes yeux qui ne sont pas l'amour, Tes pauvres yeux qui me regardent Dans la chute morne du jour.

Tout doucement tu me consoles, Tout doucement tu dis ta foi, Mais je n'entends que tes paroles, Et tes paroles sont à toi.

Tes fugitifs pensers de femme, Ton rêve, est-ce que je les vois, Est-ce que je sais si ton âme Est la musique de ta voix !

Est-ce que je sais à Taurore, Dans la chambre qui s'attendrit, Quel rêve tu rêves encore Lorsque ton réveil me sourit I

Oh, parmi les frissons farouches Ou Tètoilement des vieux soirs, Dans le baiser de nos deux bouches, Si nous avions eu deux espoirs!

Si tout n'était que vaines armes,

Si rien n'était pur ni sacré;

Qîiand tes yeux étaient pleins de larmes,

Si tu n'avais jamais pleuré 1

SECBET 18;

J'ai peur de tout dans ce mystère, Hélas ! j'ai peur de ta douceur :

Oh, si pendant notre calvaire Tu n'avais été qu'une sœur!

Entré dans ton rêve de femme, Pleureuse et rêveuse à moitié, Peut-être qu'au seuil de ton âme Je n'ai cueilli que la pitié.

Vois-tu, c'est les regrets immenses Qui font se dresser et s'armer...

Je ne sais pas ce que tu penses, Oh! laisse-moi t'aimer, t'aimer...

Salut, ô misère, ô silence, Pauvres aubes de tous les cieux...

Nous sommes des dieux d'ignorance, C'est pourquoi nous sommes des dieux.

Allons ensemble et solitaires, Celte paix c'est noire seul bien, Car lorsqu'on ouvre les paupière, Peut-être que l'on ne voit rien.

LA HAINE

Malgré toi ta beauté mo brave.

Nous sommes tous les deux ensemble Nous, les amants à rinfini, L'ouragan pleure et le ciel tremble...

Nous n'avons rien qui nous unit î

Nous regardons le soir céleste Qui se plombe et tombe sans fin, Et le silence nous déteste, Et notre amour a toujours taim.

Tandis que Tombre nous azuré Ainsi qu'un grand couple éternei, Le silence comme un murmure , Remplit la chambre jusqu'au ciel.

Et lorsque la nuit souveraine T'étoile de son vieux reflet, Je sens comme une grande haine Qui nous sépare et se taif.

Je t'aime pourtant, oh je t'aime Demi-pleurante en tes attraits, Et vague, avec ton diadème Où frissonnent les astres'vrais.

Presque cachés par l'heure sombre, Je vois surgir blanches, sans bruit.

Les mains que tu tends à mon ombr* Dans les abîmes de la nuit.

LA iJAINE . 18U

Et lorsqu'un grand rayon t'éclaire Je devine invinciblement Que je ne sais pas ta lumière, Que l'on s'ignore, et que l'on ment!

J'avais rêvé comme un apôtre D'inaccessibles unions; Nous sommes l'un auprès de Tautre, Il faut que nous nous haïssions!

Hélas, lorsque mon âme est pleine De tant d'impuissance et d'adieu, Je souffre d'avoir tant de haine Et je voudrais t'aimer un peu...

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