L'ATTENTE
Sans rëblouissement de la croix.
L'ombre, en s'agrandissant, pauvre femme qui rêve. Vient mêler doucement dans le déclin du jour Sa paix à ton grand cœur et son rêve à ton rêve.
Et tu restes bien seule avec tes yeux d'amour,
Indécise, perdue au silence où s'élève
La triste et vieille voix qui chante dans la cour.
Oh ! mendier toujours parmi Tombre sans digue Les soleils du passé pour ce soir sans couleur, Toute la charité pour toute la fatigue,
Lorsque Tombre revêt de calme la douleur, Quand le dernier reflet des vitres se fatigue Sur tes cheveux divins et ton front de pâleur.
Écoute, écoute encor, mendiante d'espace,
Plus loin que le silence et plus profond que tout...
Et c'est l'âme qui pleure et c'est le temps qui passe.
Le temps, le temps sacré qui bénit le cœur fou, La présence qui fait que l'en parle à voix basse Dans cette église d'ombre oîi s'incline ton cou.
Oh ! rêve à la longueur de la tristesse humaine, Aux vieux palais où va, silencieux, le temps, A la tranquillité par qui tu devins reine!
Rêve à la profondeur du silence où j'attends,
Aux vieux couples qui vont dans le soleil qui traîne
Et s'aimeront toujours de s'être aimés longtemps.