L'ATTENTE
Ne maudis pas l'altente et les soirs où tu pleures :
Tous les martyrs ont eu leurs infinis chemins
Et tous les grands orgueils sont bénis par les heures.
Puisque Ton devient grand à voir les jours éteints, Dans la chambre assombrie il faut que tu demeures, Le crépuscule aux yeux et la paix dans les mains.
Il faut qu'indifférente aux radieux passages, Toujours seule au milieu de l'ombre et du sommeil, Tu laisses un à un tomber les grands soirs sages.
Il faut, toi que baigna la gloire du soleil, Laisser passer sur toi l'après-midi sans âges Et le soir nimber d'or ton front toujours pareil.
Pauvre femme qui dors auprès de la fenêtre, Les mains lasses, le cœur innocent et lointain Dans le baiser nocturne et frais qui vient de naître.
lue» PLEUREUSES
Frêle douleur que rien n'aura jamais atteint,
Toi que veille Tazur comme un grand dieu sans prêtre,
Repose vaguement du soir jusqu'au matin.
Repose loin de ceux qui ne sont pas avides D'attente inconsolable et d'azurs décevants, Ceux du bonheur parfait et de la mer sans rides.
Laissons les prêtres fous et les amants fervents
Venir béatement baigner leurs tempes vides
Dans ce fleuve^brumeux chanté par les grands vents !
Laissons les amoureux à leurs songes infimes, , Laissons la pauvre voix qui chante dans la cour Rêver d'un pur bonheur et d'un cœur sans abîmes!
Sachons que rien ne vaut la gravité du jour,
Et cette éternité qui nous a faits sublimes,
Ne la blasphémons pas par des serments d'amour.