‹ Pleuro-Tuberculose Primitive et Méningite Tuberculeuse Étude comparée des liquides pleural et céphalo-rachidienChapitre 37 sur 40 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

L'ensemble des faits qu'ont révélés les travaux antérieurs et nos recherches personnelles sur les liquides pleural et céphalo-rachidien tuberculeux, abstraction faite de l’interprétation pathogénique que nous avons tenté d'en donner dans le précédent chapitre, nous autorise à poser les conelu-

sions suivantes :

Au cours de la pleuro-tuberculose primitive.

L'appel de sérosité dans la cavité pleurale est considérable. L'épanchement séro-fibrineux, en général plus abondant que ne l'indique la clinique, atteint communément deux et trois litres, quelquefois même quatre et cinq litres.

La quantité de fibrine contenue dans le liquide pleural est toujours assez grande ; elle paraît augmenter à mesure que l’'épanchement se résorbe.

Les globules blancs attirés dans la plèvre sont très nombreux, on en compte suivant les cas 200, 500, 1.000 et même 6.000 par millimètre cube (en moyenne 3 à 400).

La formule cytologique, d’abord polynucléaire, devient rapidement lymphocytique.

Le volume du liquide épanché et le nombre des éléments blancs contenus dans un millimètre cube de la sérosité varient (sauf à la phase tout à fait terminale de la maladie) selon la formule suivante : plus l’'épanchement augmente, plus les leucocytes diminuent par millimètre cube ; et inversement : plus il y a d'éléments par millimètre cube, moins il y à de liquide,

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La phase de polynucléose initiale coïncide avec la raréfaction des éléments blancs par millimètre cube et l’accroissement de l’épanchement ; au contraire, lorsque les polynucléaires neutrophiles ont disparu et que se montrent des lymphocytes, des mononucléaires et quelquefois de rares éosinophiles, le liquide cesse d'augmenter, 1l commence bientôt à se résorber : les leucocytes deviennent alors plus nombreux par millimètre cube.

La diminution et l’augmentation du nombre des globules blancs pendant les phases d’augment et de résorption de l’'épanchement ne sont pas seulement apparentes et dues à des phénomènes de dilution ou de concentration cellulaire ; elles sont réelles. On voit pendant la phase polynucléaire le chiffre global des leucocytes tomber par exemple de 4 et 5 milliards à 3 milliards. Inversement, durant la phase lymphocytique de la maladie, le nombre des leucocytesattirés dans la totalité de la cavité pleurale augmente progressivement à mesure que l'épanchement se résorbe, atteint son maximum vers la fin de l'affection et commence seulement alors à diminuer : le chiffre des éléments blancs s'élève de 3 milliards à 10, 11 et 12 milliards.

Deux pleurésies de même volume, chez deux sujets différents ne renferment pas la même quantité de leucocytes. La numération des éléments blancs contenus dans la plèvre d'un malade que l’on ponctionne pour la première fois ne peut donc devenir une méthode rigoureuse d’évaluation de la quantité du liquide.

Le nombre des hématies par millimètre cube de sérosité pleurale se rapproche le plus souvent de celui des globules blancs ; il varie généralement dans le même sens, mais les lois que nous venons de formuler pour les leucocytes ne se vérifient pas toujours pour les globules rouges.

La virulence du liquide pleural, en général peu marquée, s’atténue à mesure que la maladie évolue.

La centrifugation est impuissante à séparer d’une façon certaine les bacilles de Koch de la sérosité pleurale, à laquelle

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elle laisse sa virulence, Seule la filtration sur bougies permet

d'arriver à ce résultat.

La toxicité du liquide pleural vis-à-vis des cobayes s'observe dans un peu plus d'un tiers des cas. Cette propriété paraît appartenir à la sérosité et non aux cellules : le culot de centrifugation injecté séparément ne se montre jamais toxique.

Au cours de la méningite tüberculeuse.

L'apport de sérosité dans le liquide céphalo-rachidien est faible, à peine suffisant pour le teinter quelquefois légèrement en jaune.

La réaction fibrineuse est très peu prononcée ; elle se manifeste par la production lente en un temps variable, au sein du liquide céphalo-rachidien retiré par ponction, d’un léger coagulum.

La formule cytologique le plus souvent lymphocytique, quelquefois polynucléaire, varie fréquemment d’un jour à l’autre

sans suivre aucune règle.

Les cellules blanches attirées dans la cavité arachnoïdo-piemérienne sont beaucoup moins nombreuses que dans la cavité pleurale, on observe selon les cas 5, 20, 800 et 1.200 éléments blancs par millimètre cube de liquide céphalo-rachidien (en moyenne 150 à 200). Ce chiffre augmente ou diminue, reste stationnaire ou oscille irrégulièrement pendant le cours de la méningite suivant les malades.

La polynucléose ne coïncide pas comme dans la plèvre avec une phase de raréfaction des éléments blancs, pas plus que la lymphocytose avec l’augmentation de leur nombre.

Il n’y a pas de rapport entre la qualité et la quantité des réactions cellulaires dans le liquide céphalo-rachidien et le stade ou le type de la maladie, ou la présence de germes d’infection secondaire.

La virulence toujours très grande du liquide céphalorachidien reste identique à elle-même péndant toute la durée de la méningite. La centrifugation ne la fait pas disparaître ;

seule y réussit la filtration sur bougies.

La toxicité du liquide céphalo-rachidien injecté aux mêmes doses que le liquide de pleurésie tuberculeuse est à peu près la même que pour ce dernier. Mais si la dose de substance toxique contenue par centimètre cube semble identique, elle est loin d'êtrela même lorsqu'on envisage la totalité du liquide contenu d’une part dans la cavité arachnoïdo-pie-mérienne et d'autre part dans la cavité pleurale.

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