‹ Plik et Plok. Atar-gullChapitre 64 sur 65 · DES FLOTTES AN GLO-F R AN Ç A I.SES · texte numérisé non relu

DES FLOTTES AN GLO-F R AN Ç A I.SES

J'ai pensé qu'on lirait avec plaisir un résumé succinct des deux campagnes des flottes anglo-françaises au Kamtschatka. — Les documents relatifs à cette expédition sont rares ; nous ne possédons que quelques rapports publiés dans le Moniteur et reproduits par les autres journaux de Tépoque. Cependant Phistoire de la guerre d'Orient sera incomplète tant qu'on n'aura pas raconté les événements de cette campagne lointaine.

Certes, elle mérite bien le nom de Guerre d'Orient, cette guerre qui eut pour double théâtre le Kamts* chatka et la Crimée l Nous sommes encore plongés dans l'obscurité de la nuit que déjà le soleil éclaire ces deux presqu'îles^ ces deux pointes extrêmes d'un

même. continent qui s'étend sous une seule enjambée du colosse russe!,...

Les cris de victoire poussés par nos soldats sur ces deux champ» de bataille^ éloignés Tun de Vautre de plus de deux mille lieues^ se réunirent dans Tespace ; et le même jour on apprit en France le[ destruction de Malakoff et de Petropauloskoï.

Permettez-moi donc d'ajouterà mes récits de voyage quelques renseignements sur les opérations des flottes alliées au Kamtschatka. Je crois voir nos vaisseaux à rœuvre>je m'enrôle dans les compagnies de débarquement^ je mesure ^intensité des flammes qui dévorent la cité ; et quand nous nous retirons sans être ni vainqueurs^ ni vaincus, je panse des blessés qui ont hftte de guérir^ pour prendre leur revanche.

De tout temps rAngleterre et la France envoyèrent des croiseuris dansTocéan Pacifique; le nombre en fut augmenté au commencement de Tannée iSS^ ; et dès Touverture des hostilités contre la Russie^ la réunion de ces ctroiseurs^ ralliés par ceux qui tenaient les mers de TIi^, forma une double escadre sous le commandement des amiraux Price et Febvrier-De»pointes. Cette escadre avait pour mission d'attaquer^

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d'amariner ou de détruire le& bâtiments ennenûs de guerre ou de commerce qu^elIe rencontrerait dans ces parages ; et de ruiner les établissements côloniauxf onr dés pajr la Russie : sur les côtes de la Tartarie orientale^ sur la'presqu'ile du Kamtschatka^ dans les archipels des Kouriles et des Âléoutiennes; et sur le continent atnéricain du Nord-Ouest.

On savait que l'amiral Pontiatine parcourait ces merg et que ses forces se composaient : de la frégate la Pal las de 60 canons, de la Diana et de V Aurore de cinquante, dèVAleutia de vingt-quatre, d^un brick de vingt, d'une goélette de douze, de deux bateaux

à vapeur et de plusieurs navires de transport armés en guerre: tels que la Zitka, le Kamtsckatkaethi Dtoina,

portant douze pièces d^artillerie* Les derniers avis reçus annonçaient qu'après avoir croisé, à la hauteur des lies Sandvirich, il devait toucher au Japon, gagn^ Petropauloskoî, pénétrer dans la manche de Tartarie et visiter les parages que fréiquentent les baleiniers anglais et français.

Les amiraux alliés ayant opéré leur jonction àValparaisô, au mois de juin 1884, se lancèrent à la poursuite de la flotte russe ; mais arrivés à Hohoiulu (lies

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Sandwich)^ ils apprirent que Poniiatine s'était réfugié dans la grande baie d'Awatcha^ avec ses onze bâtiments armés dé 240 bouches à feu. La division [anglo-française se composait alors d'un plus petit nombre de voiles : La frégate la F(yrte de 50 canons^ la corvette V Eurydice de vingt et le brig Obligada de douze, du côté deslÇ'rançais; du côté des Anglais^ la frégate le Président de 50 canons^ la corvette la Pique de quarante, rAmjpAtVnïe de vingt-quatre et la Virago, vapeur de trois cents chevaux de force et de six canons ; en tout sept bâtiments et deux cents bouches à feu.

Le 28 août 1854, heure de midi, les forces alliées se trouvèrent réunies devant la rade d'Awatcha.-La Virago poussa une reconnaissance dans Fintérieur de la baie, et revint le soir annonçant que si la flotte russe en entier avait réellement pénétré dans la rade, elle ne pouvait être mouillée ailleurs que dans le port de Petropauloskoï.

Le 29, la flotte anglo-française, partagée en deux divisions, appareilla pour entrer dans labaie etfut saluée par toutes les batteries de la côte au moment où elle arriva devant le havre, aufond duquel estsituée la ville. Nos amiraux mouillèrent hors de portée des boulets.

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des obus et des bombes ; et consacrèrent la journée du 30 à former leurs plans d'attaque et à reconnaître la position deFennemî^ ainsi que ses moyens de défense.

Six batteries^ à feux croisés^ commandaient rentrée du havre; quatre de ces batteries protégeaient spécialement la ville dans une direction nord et sud ; et derrière la langue de sable dont je vous ai déjà parlé et qui ferme à peu près le port^ du coté sud^ apparaissait embossée une partie de la flotte russe : VAurore^ la Dwîna et le Kamtschatka. Ces navires n'avaient plus que leurs bas mâts ; et la dune de sable^ tout en nous cachant leurs coques^ leur permettait d'utiliser leurs caronades. En résumé les Russes occupaient des positions presque inexpugnables. — Nos amiraux cependant résolurent de les attaquer immédiatement, plutôt que d'établir le blocus d'Awatcha ; et l'aprèsmidi l'ordre fut donné de se préparer au combat. — Déjà le vapeur la Virago chauffait pour remorquer la frégate la Piqu/è par bâbord, le Président par l'arrière, et la Forte par tribord ; lorsque le commandant Nikolson vint annoncer à H. Febvrier-Despointes la mort subite de l'amiral Price.

Le combat désormais ne pouvait plus s'engager ce

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jour-là : il fallait^ avant tout> que le successeur de Tamiral anglûs prit connaissance des plans d^attaque. Les navires regagnèrent donc leur mouillage^ horsla portée des batteries de terre*; et le soir à huit heures tous les capitaines de la flotte alliée se réunirent^ en conseil^ à bord de 1£l Forte. Là le commandant Nikolson fut reconnu comme successeur de Tamiral Price; on convint qu'il ne serait rien changé aux plans précédemment arrêtés ; et que dès le lendem^^ au point du jour^ on ouvrirait le feu.

Donc le 3 août^àhuit heures onze minutes^ la Virago remorquant la Forte par tribord^ la Pique par bftbord et le Président par derrière^ chauffa et gouverna sur le fort Schakoff, établi à la pointe sud de la levée qui protège la ville. Nos bâtiments comptaient s'embosser, à cinq encablures de ce fort ; mais les courants portaient tellement au large que Tamiràl Febvrier-Despointes renonça à lutter contre eux ; et fit larguer les amarres de la Forte et du Président qui mouillèrent à s^t encftblures et demie du forl^ tandis que laFtm^^ conduisait la Pique à l'endroit primitivemeni désigné pour Tembossage.Nos navires exécot&rent ces manœavressousle feu des canons de lalevée^dafortSchakoff,

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d'une autre batterie rasante et de la batterie de droite. Us y répondirent^ivement; et à neuf heures cinquantecinq minutes les Russes évacuaient le fort Schakofi^

Pehdant cette attaque, là Virago conduisait à terre les compagnies de débarquement qui, à dix heures quarante-cinq minutes, enclouaient et démontaient les pièces de la batterie de droite. En ce moment, deux cents Russes environ, sortis de la ville, se dirigèrent vers cette batterie ; mais \^ Pique envoya aussitôt un détachement de Royale-Marine au secours de nos hommes, que vint aussi renforcer une nouvelle compagnie de débarquement partie de la Forte. Les Russes s'arrêtèrent alors à portée de mousquet; et le but du débarquement étant atteint, nos marins rentrèrent dans leurs canots, sur lesquels la frégate Aurore tirait continuellement, mais sans succès.

Ainsi finit le premier combat de la journée; on se reposa, on dtna avant de recommencer Fattaque.

A une heure quarante-cinq minutes, la For^e leva Tancre et appareilla pour se rapprocher autant que possible des batteries Russes ; mais le courant la contrariant toujours, elle ne put ouvrir son feu qu'à cinq encablures et demie du fort Schakoff; et à huit et demie

de la batterie rasante. Cette dernière entretint un fea très-nourri et très-habilement dirigé contre la Forte, qui y répondit si efficacement qu'en moins de quarante minutes les canons russes furent réduits au silence. Le Président la rejoignit alors pendant que la Pique f restée à son mouillage dumatin^ ne cessait de tirer avec ses pièces de gros calibre. Les officiers an* glais^ émerveillés du sang-froid et du courage de l'équipage de la Forte y qui soutint seule pendant un certain temps le feu de rennemi^envoyèrent complimenta Tamiral français.

A quatre heures quarante-cinq minutes^ les Rosses^ ne tiraient plus un seul coup de canon ; le fort Schakoff était évacué^ la batterie droite détruite^ la balterie restante de douze pièces abandonnée. — La journée avait donc été bonne.

Le lendemain la Virago ^ envoyée de Tautre côté de la baie, pour inhumer le corps de Tamiral Price^ fit prisonniers deux hommes qui coupaient du bois; ces hommes donnèrent quelques renseignements sur Petropauloskoî. — D'après eux^ un débarquement devait infailliblement réussir^ si on Toperait dans un certain endroit^ et si^ pour gagner la ville^ on

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suivait des chemins qu^ils offraient dindiquer. Les commandants et les capitaines de la flotte alliée se réunirent en conseil; et délibérèrent sur le degré de confiance que pouvaient inspirer les propositions <le ces deux prisonniers. Les avis furent partagés. Qiiëlques-uns pensaient avec Tamiral Despointes qu'il fal-^ lait préalablement détruire toutes les batteries extérieures de la ville ; et acquérir une connaissance très* approfondie des localités. D'autres opinaient pour le débarquement immédiat et une marche dans la can>pagne^ sous la conduite des prisonniers. La majorité du conseil adopta malheureusement ce dernier plan^ dont -

l'exécution fut confiée à sept cents hommesy moitié Français^ moitié Anglais^ réunis sous les ordres des capitaines Burridge^ du Président^ et de la Grandière^de

YEurydice.

Le 4 septembre^ à cinq heures du matin, la Virago recevait ces sept cents hommes; et la Forte se rapprochait des deux batteries qu'il s'agissait de détruire : celle de la levée et celle du fort du Nord^ afin que nos troupes pussent prendre terre. La /'or^e, dans cette manœuvre^ protégea de sa masse la Virago qui remorquait \e Président ;et pendant quelques instants^

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elle sonfint beaucoup en essayaoi enécfaarpe, sans riposter le feu de T^inenii. Maîsdèsqo'idle put présenter le travers^ elle eat sa revanche^ passa à troisenoàUiires da fort duNord ; en démonta lespièoes^le fit momentanémentévacaer ; et dlas'èmbosser devantlàbatterie de lalevée^ qorne tarda pas^ elleanssi, à être abandonnée, tant le tir de'.la Fifrte était rigoureusement joste. Les volées du Président, resté vi&è-vis du premier fort, 6om|détèrent Tœuvre de la J^ori'è ; et la Virago poursuivant sa route déposa nos cldropagnies sur lé rivage.

On était convenu» d'occuper au |>htà vite une pette montagne peu éloignée de la grève. L'avant-gaide, composée de soldats angkds et de quelques-uns de nos pelotons d'élite^ s'élance au pas de course, escalade le monticule^ sous le feu des Russes ; et s'arrête sur le plateau pour atteftdre le gros de la troupe. Là^ quelques hommes emportés par leur ardeur s'étant avancés un peu plus loin, vers des fourrés très-épais, les tirailleurs russes, qui s'y tenaient embusqués et à l'abri, les accueillirent par un feu tellement vif que notre avant-garde reçut l'ordre de se replier sur le centre.

Pendant ce temps H. de la Grandière, à la tête des marins de la Forte et de Y Eurydice, avait tourné la

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montagne ; mais il dut^ loi aussi^ se replier après une vive fusillade ; et dès lors le rembarquement de nos sept cents hommes sWectua^ carie nombre des Rtii^ses augmentait sans cesse.

Les résultats de cette entreprise furent presque nuls ; on encloua quelques canons^ mais on perdit quelques honunes. Heureusement pour lious^les Russes ne profitërent pas des avantages de leur position ; ils pouvaient^ des hauteurs qu^ils occupaient; fusiller en bloc les compagnies de débarquement^ qui regagnèrent Jeur bord sans désordre^ et^ pour ainsi dire^ avec les honneurs de la guerre.

Le 6 septembre^ les alliés avaient repris leur ancien mouillage ; et se livraient paisiblement aux réparations de leurs avaries^' quand le soir de ce même jour^ les vigies signalèrent l'apparition de plusieurs feux^ au large de T^nti^ée delà baie d'Awatcha. A cette nouvelle^ Fenthousiasme renaît^ des cris de joie^ des hour-^ ras frénétiques accueillent sur chaque navire Tordre d'appareiller au plus vite ; c'est le gros de la j9otte russe qui s'avance^ dit-on; et la grande bataille sous voiles^ si longtemps désirée, si longtemps cherchée,' se livrera au point du jour ! Amère déception ! Le jour

vint^ mais la flotte russe n'était pas encore là; et deux voiles seulement, une petite goélette et une lourde gabarre, prenaient chasse devant les pavillons de France et d'Angleterre. On les amarina lestement. La goélette se nommait VAnadyr; elle portait deux caronades et un chargement de bois de construction et de vivres pour Petropauloskoï. La grande gabarre de 800 tonneaux avait nom ZtV&a, étaitarmée de douze canons^ et renfermait une cargaison d'une valeur de plus d'un million. Elle apportait aussi des munitions et des vivres au Kamtschatka ; et comptait, parmi ses passagers, le gouverneur en second de la province, un capitaine d'artillerie et plusieurs nouveaux employés de Tadministration civile.

On brûla la goélette, on prit la Zitka à la remorque ; etlescommandants alliés s'éloignèrent du Kamtschatka où l'état avancé de la saison, ainsi que leurs instructions^ ne leur permettaient pas de faire un plus long séjour.

Il résulte des renseignements donnés parles prisonniers que Petropauloskoï avait alors, pour se défendre^ une garnison de douze cents hommes et quatre-vingts pièces en batterie, sans compter les renforts d'hommes et de canons fournis par les navires de guerre au

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mouillage. — Les pertes des Russes furent nombreuses ainsi que les nôtres. — On accuse de notre côté vingtsix morts^ parmi lesquels figurent MM. les lieutenants de vaisseau Lefebvre et Dourasset^ de V Eurydice, et , Gicquel-Destouches^ enseigne de YObligado. — On ne parle point des prisonniers français. Il y en eut cependant quelques-uns^ ainsi qu'on le verra plus bas. Les bâtiments alliés se séparèrent. La division an-

glaise se dirigea vers la baie de Vancouver^ sur la côte nord-ouest de TAmérique ; et la division française vint se ravitailler à San-Francisco.

Le 15 mai 1855^ huit bâtiments^ tant à vapeur qu'à voiles et détachés du gros de la flotte alliée qui se composait alors de dix-huit navires^ rentrèrent dans la baie d'Awatcha; et vinrent s'embosser devant Petropaulosko!. — Les contre-amiraux Fourrichon et Bruce^ qui lescommandaient; s'attendaient aune résistanee encore plus vigoureuse que celle de Tannée dernière. Jugez de leur étonnnement^ de leur stupéfaction^ lorsque les forts et les batteries les laissèrent s'approcher déterre et choisir un mouillage à leur fantaisie^ sans tirer le moindre coup de canon. Le rivage et les environs étaient déserts; et les longues-vues découvrirent seu-

lement trois individus assis à Textrémité des terrassements du fort Schakoff et fumant tranquillement leur pipe. Nul pavillon ne flottait au-dessus des easernes et du palais du gouvjerneui^iunM silence de mortplanait sur la ville.

Nos amiraux fort intrigués voulurent provoquer Tennemi^ jusque derrière ses retranchements ; et envoyèrent aussitôt à terre un détachement de marins. Le détachement débarque tranquillement;, ùraverse lentement les.ouvrs^s avancés de laplace^ et pénètre dans la ville sans rencontrer le moindre obstacle. Pas i^n qui vive, pas un coup de fusil ne retentit ; et les fumeurs, signalés par le télescope^ viennent souhaiter la bienvenue aux ^nouveaux débarqués.

Les Russes avaijent évaeué Petropauioskoï depuis un mois; il n'y restait plus qu'un Français naturalisé Russe et trois Amiéricains, qui se rendaient' déji comme légitimes propriétairesdes terreftetdes maisons abandonnées par les Russes. Une centaine de ces beaui chiens du Kamtschatka erraient affamés par les nies ; et léchaient les mains de nos matelots, [pour attraper un morceau de l)iscuit. H. de Rosenoourt, deYOUiga^' do, s'empara du moins étique de ces pauvres animaux.

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Le détachement^ apiés avoir exaàiiné à loisir la ¥31e- déserte'^ se divisa par compagnies qui reçurent l'ordre de démolir^ d'incendier^ de détruire enfin par tous les moyens possibles les maisons^ les magasins^les arsenaux et'lesfortiftcations}ettoutfut anéanti exce^^té Féglise^ rhôpital et quelques habitations dlndîgents. Les habiCanls^ conduits par les autorités dvHes^ étaient partis Ic' 20 avril dernier^ peu de temps avant la retraite de la garnison ; ils avaient l'intention de gagner la ville de Tchimsk dans l'intérieur ; mais la femme du gouverneur civil, ne pouvant soutenir les fl^gues d'un aussi long voyage^ à cause de son état avancé de grossesse^ ils s'arrêtèrent dans un petit village à vingt milleis de Petropauloskoï.

La garnison s'échappa par mèr. L'ordre d'évacuer la place lui fut expédié d'un des quartiers généraux russes'de Sibérie^ — et l'on s'étonne à bondroit que les vaisseaux^ qui la transportèrent à l'embouchure du fleuve Amour, aient pu sortir du port encore pris par les glaces^ au mois d'avril^ et échapper aux deux bateaux à vapeur anglais VEncounter et le Baracounter, qui croisèrent, pendant tout l'hiver, à l'erttrée de la baie d'Awatcha.

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Un journal de Saint-Pétesbourg raconta comment la flotte russe de Tocéan Pacifique échappa aux croi* seurs anglais.

Dès que Tamiral Savoïko^ commandant de Petropauloskoï^ eut reçu Tordre d'abandonner les fortifications de cette ville et de se rendre au liman de TAmour^ il prit ses dispositions d'évacuation ; fit scier la glace dans la baie d^Awatcha^ e( mit en mer en avrils avec la frégate Aurora^ les corvettesZtu;ot4^jsa eiDwina, et plusieurs autres bâtiments de transport. Outre la garnison^ Tescadre avait à bord des habitants de la ville au nombre de trois cents^ hommes^ femmes et enfonts. Les croiseurs anglais ne s'aperçurent de rien. — Le 13 mai^ après une navigation des plus pénibles^ il jeta Tancre dans la baie de Gastries^ (51 *" 29^ latitude nord); et plaça ses vaisseaux derrière des bas-fonds et des bancs de sable> de manière qu'ils ne pussent être tournés par l'ennemi ^ si l'ennemi découvrait sa retraite. — Le 20 mai une frégate^ une corvette et un brick anglais se montrèrent ; mais ils reprirent bientôt le large^ après que la frégate eut envoyé quelques volées de boulets qui ne firent aucun mal aiix vaisseaux russes.

AU KAMTSGHATKA. 373

L'amiral Savoïko ayant appris que le cap Lazareff, situé plus au nord que la baie de Gastries et à Tembouchure de TÂmour^ était enfin libre de glaces^ profita du départ des bâtiments anglais pour quitter ce mouillage ; et donna liberté xle manœuvre à ses vaisseaux

qui arrivèrent tous l'un après l'autre^ du i^^ au6 juin^ dan^ le Liman ; et quelques jours après^ il les remisait déchargés derrière les barres de V Amour.

L'amiral russe^ pendant cette pénible traversée de la baie de Gastries au Liman^ rencontra le William Penn^ bâtiment américain^ où se trouvaient cent cinquante Russes provenant de l'équipage de la frégate Diana, naufragée à Simoda (Japon)^ lors d'un tremblement de terre. Le commandantdé cette frégate^ l'amiral Pontiatine ne rejoignit Savoïko^ au cap LazareflT, qu'après une longue et curieuse odyssée.

Réfiigié dans un petit port japonais^ après la perte de sa frégate^ il tenta de s'emparer d'un navire baleinier du Havre^ pour s'y embarquer avec les hommes de son équipage qui n'avaient pu prendre place sur le William Penn. Mais le capitaine havrais eut vent de sa convoitise; et s'envola fort habilement au large. Pontiatine alors entreprit de construire un schooner. Six

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semaiaes aprèsi^ grâce aux secours du gouvernement japonais et deshabitantâ qui lui fourùirent des voiles^ des cordages et autres objets de gréement^ il put prendre, la mer. avec quarante hommes et sept officiers sur un petit navire qui reçut le nom de Kida, du nom deTendroit où il avait, été construit ^>

Le ^ mai il entrait dans le port de PetropauJoskm^ presqu^au moment où les amiraux alliés eQ sortaient; et se hâtait de quitter ces parages soumis à la survéillance des croiseurs anglo-fraiiçais; ilpassa^ afin de gagner le détint de La Peyrôuse^ entre les Ues Saghaliennes et lédo; une nuit^ dans ce détroit; un crm*seur. epoemi apparut à une centaine de brasses de son schooner et lui appuya une chasse vigoureuse. Pontîatineeut le bonheur de lui échapper^ et ayant rallié la flotte au cap LazareiF^ il fit transpSrter au poste de Nicolas, la principale forteresse du territoire de FAmour, tcfut le matériel de guerre et les approvisionnements que l'escadre de Savoïko avait enlevés de Petropauloskoî.

On ne s'explique guère la fuite des Russes de Pe^ tropauloiskoï, surtout. lorsqu'on songe aux immenses travaux de défense exécutés depuis la première attaque

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de la flptte alliée. Les murailles avaient été renforcées, les fortifications avaient plus de seixe pieds d'épaisseur ; et il Tallut employer la mine pour les faire sauter. Le nombre des Canons avait été triplé; et les embrasures des houveaux forts paraissaient être calculées pour relever des pièces de gros calibre. — Peut-être Tordre d'évacuation ne fut-il donné que parcequ'on .reconnut rimpossibilité de se procurer aux États-Unis^ ces pièces de gros calibre^ Tintiolabilité des navires neutres cessant dès qu'ils chargent des provisions de guerre. Petropauloskoï détruit^ les amiraux Bruce etFourri- ' chon se dirigèrent sur Zitka^ en longeant les lies Âléoutiennes ; ils espéraient y rencontrer la flotte russe^ partout introuvable. Arrivés devant Zitka^ ils montèrent sur un vaisseau à vapeur, le Brisk, et pénétrèrent dans la passe. Un autr^ bateau à vapeur appartenant à la compagnie américo^russe vint aussitôt au**devant d'eux; et le secrétaire du gouvernement, qui se trouvait à bord leur annonça que la place était hors d'état de se défendre et se rendrait à la première sommation : il leur rappela en même temps^ qu'en vertu d'un arrangement conclu entre la compagnie russo-américaine et la compagnie anglaise de la baie d'Hudson^ arran-

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