‹ Plotin au point de vue médical et psychologiqueChapitre 5 sur 16 · SES · texte numérisé non relu

SES

pour un rationaliste pur. Et les exégètes peuvent également trouver dans les « Ennéades » des textes qui appuient leur thèse. Est-il le confluent de toutes les pensées grecques? Est-il surtout influencé par les Hindous et les Perses qui fréquentaient à Alexandrie? A-t-il subi l'influence des Juifs et des Chrétiens? Ce sont des questions auxquelles il est bien difficile de répondre, si on se tient au texte même de ses Traités. |

Si, laissant cette critique interne des Ennéades, on ne considère plus en lui le penseur, mais le directeur de conscience qu’il fut en son siècle désorienté et dont l'influence s’étendit jusque sur l’empereur Galien, l’étonnement, loin de diminuer, s’accroît. L'idéal spirituel que Plotin a cherché, plus que l’explication rationnelle du monde, attire et décroît. Parfois, il irrite. Aimable par sa volonté de pureté, de noblesse, d’ordre, de lucidité, il déplaît par son égoïsme transcendant, par sa lâcheté pratique, par son partipris de nier toutes les joies humaines. Plotin exige que nous nous séparions du monde et de ses beautés; de nous-mêmes et des plaisirs sains de notre activité, des autres hommes, qu’ils soient nos amis ou non. Il trouve admirable qu’un de ses disciples, qui était prêteur, ait abandonné ses devoirs d’état et qu’il ait décidé de ne plus vivre qu’en parasite, ayant renoncé à sa charge et même aux soucis de sa maison.

« Il aime et il est aimé. Mais s’il s’attache à ses proches, c’est seulement, croit-il, — et c’est ce qu’il préconise — par la vertu de cette sympathie qui lie

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