‹ Plus blanc que neigeChapitre 25 sur 32 · LA DEUXIÈME VOIX · texte numérisé non relu

LA DEUXIÈME VOIX

Il faut le battre ce voleur.

LA TROISIÈME VOIX

A la haie !...

(Ce cri prend plus d'amplitude, devient une rumeur tumultueuse et désordonnée.)

L'OFFICIER

Entends-tu... le petit monsieur polonais... C'est précisément le peuple qui t'appelle... il veut que je te mène à la haie sans jugement... Voilà ce que ta vie te réserve...

VINCENT

Ton jugement ou l'exécution d'un meurtre sans jugement, c'est évidemment une seule et même chose.

l'officier ^ Ce n'est pas mon jugement personnel, mais c'est celui du prolétariat dont la dictature est commencée...

(Toute cette conversation a lieu dans une rumeur constante, au milieu de cris hostiles.)

l'officier, à ses soldats.

Calmez les camarades. Qu'ils fouillent la maison tout entière. La visite de cette chambre commencera tout à l'heure... Dites que les propriétaires sont sous notre bonne garde et que, sitôt qu'on aura trouvé quelque chose, on les traitera comme le veut le bon droit... (Un soldat sort, le bruit diminue et s'apaise peu à peu. Lorsque le soldat est revenu.) Fouillez cette chambre... (Les soldats déposent leurs armes près de la porte et commencent à visiter la pièce. Ils ouvrent les tiroirs, renversent les meubles, l'un d'eux secoue et arrache la porte de la bibliothèque. L'officier s'en approche, prend différents livres, les feuillette et les jette à terre...) Tout ça, c'est de la bouillie pour les bourgeois... du fumier... Il fait frisquet ici... Camarades, faites du feu dans la cheminée avec ce combustible-là...

(Il donne des coups de pied dans les livres qui gisent au milieu de la chambre et les pousse ainsi dans la direction de la cheminée. Les soldats s'en emparent et les jettent dans le foyer. Ils en font un grand bûcher que l'un d'eux allume, puis fait mieux briller. L'officier jette dans ce feu de vieux parchemins et des rouleaux de vieux papiers. La flamme commence à sortir des livres et des documents.)

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