M- 1 GUÉRIN , THÉRÈSE
THÉRÈSE. Enfin, le voilà parti !.. (Avec intérêt,) Eh bien! matante?
M m# GUÉRIN. Ali mon enfant, cette nouvelle m’a fait un mal!.. Maintenant, je lue sens toute faible... toute abattue...
Thérèse. Allons, allons, bonne tante, ne pensez plus à cela... c’est un faux bruit, comme on en fait tant.
M mc GUÉRIN. J’ai besoin de te croire.
Thérèse. Ne vous tourmentez pas... Tenez, remettez -vous là, dans* votre grand fauteuil... C’est le moment où chaque jour vous prenez un peu de repos... Le médecin l’a bien recommandé.
(Elle la conduit et la place.) Air île Pansenm. ;l.c chant de la Nourrice.) l e rrpos vous est urtessaire,
Dans c«* lautcuil placez-vous bien.
Votre sanie nous est si chère ,
Nous ne devons négliger ri< n.
uni» GU Kilt N.
Celte nouvelle est impossible!...
THÉRÈSE
Sans doute, coderait horrible!...
Dormez, dormez, tYsl Tordre du médecin.
Pour «pu- !a guérison s’achève.
Dans h* -ftinmcil il n’est plus de chagrin ,
Et le honhrur vient en rêve.
(il/mc (ta crin commence h s'assoupir.)
THÉRÈSE. Elle s’assoupit.
{K/le s'eio'jçne de 3. 1 m * Gnerm.
Mais à Michel lorsque je pense.
Qu’avait-il donc en me quittant?...
Ai-je perdu sa conftaucc?
Moi , grand Dieu ! moi , qui l'aime tant ! .. Mon seul vœu, l'espoir de mou ame,
C'est qu'il m’appelle un jour sa femme...
{Pendant i/ne l'orchestre achève Pair % elle va vers le fauteuil , se penche sur le front de Guérin qui est profondément endormir , et ren tre doucement dans sa chambre. Miche! entre 0 sas 'asseoir et jette sa casquette çu 'il foule au.r pieds.)
SCENF. XVI J.
Midi EL , M> r G l EH i N endormie , puis TllÉHESE.
MICHEL, avec une colère contrat rn-. Misérable 1 escroc !... me duper à ce point !.. m i ugloutir pour quinze francs de nourriture, cl me voler cent sous pour compléter la chose !... Aussi, il m’a payé mon déjeuner ui monnaie de coups de poing...
Ce repas- là ne lui profitera pas... Mais je ne lui ai pas tout donné, j’en ai gardé pour l uire, le joli blond... Oh! il aura sa part aussi ! Et puis après, il nie tuera s’il veut... A présent , tout m’est égal...
I n coupd’ •» ée ou d’autre chose ne peut pas pas ntt* faire plus de mal que.. Jene croyais
L1 MAQAJIH TBÛTUL.
que ça faisait tant souffrir.. Cequec’est que de nous!.. Il y a pourtant d’autres femmes, jeunes et jolies comme elle... K b bien ! on me dirait : En v’ià des douzaines , tout ce qu’il y a de mieux , ornées de cachemires et de boucles d'oreilles... tiens, mon garçon, prends, choisis... il me semble que je ne bougerais pas... il me semble que pas une... Est-on bêle du côté des hommes! {Il se le ve et va vers le fauteuil.) Elle dort... pauvre mère !.. Tous les chagrins arrivent i la fois... Il ne manquerait plus qu’un malheur qui tombe sur elle... Celui-là compterait double... C’est que le médecin la dit, la moindre émotion. ..Et ce que je viens d’apprendre de la loterie...
ces geus qui crient son abolition dans toutes les rues de la ville !
(Thérèse rentre sue premières psroles de M mï Guérin.)
s" GUÉRIN, rêvant. Comment !... c’est vrai?... J'aurais gagne... un terne!... un terne !
hichkl. Pauvre femme !
(il euuie une larme )
THÉRÈSE. Michel!.. (Michel détourne la tête.) Michel... Qu'avez-vous donc depuis tantôt ?... Voyons, diles-le-moi donc....
D’où venez-vous ?
MICHEL , avec Jarre. D’où je viens?
Vous me le demandez.
Thérèse, vivement , en montrant 3 /“* Guérin. Chut !.. prenez garde...
MICHEL, baissant la voix. Thérèse... je viens du bureau de loterie.
Thérèse , stupéfaite. Du bureau de loterie '
MICHEL Où vous n’èles pas allée ce matin , ni hier, où vous n’allez jamais... Oh ! n'essayez plus de me tromper.... Je sais tout... Vous n'éles pas entrée une seule fois dans ce bureau de loterie, et je connais l’endroit où vous vous rendez tous les jours,
THERESE , dans la plus grande agitation.
Michel!...
MICHEL. Cet endroit , c’est la maison de M. üervaux, l'homme d’affaires , c’est la maison de M. Hector !
Thérèse. Eh bien! oui, c’est vrai...
Je ne dois plus te le cacher, je dois te dire tout... Apprends, Michel...
MICHEL , /iu mettant ta main sur la bouche.. Ah ! Thérèse, taisez-vous!... Vous allez mentir !
THÉRÈSE. Non, il faut que tu saches enfin...
(EUe est interrompue par un bruit de tambour et <H irompetlu , yui vient du dehors.)
MJCHEL. Dieu ! ce que je craignais !...
M”" GUÉRIN, s’éveillant eu sursaut. Quel bruit!... le tambour, la musique... Pouisquot? Qu’y a-t-il?... (Avec efjioi.) Ah ! j’y songe, ce que m’a dit M. Koussdlon...
c’est cela!... c’est le dernier jour de la loterie qu’ils annoncent!..
MICHEL, vivement. Non, ma mère, non, ce n’est pas ça! ne vous tourmentez pas...
M“' GUÉRIN. Si fait, si fait!.. Tu veux me tromper!..
MICHEL. Non, ma mère, je vous jure que non...
I" ol'Ehin. Eh bien! alors... qu’est-ce donc?... Parle vile.
MICHEL. C’est... Mais vous savez qu’une forte émotion peut vous faire it.ah . .'
M œ * CHÉRI*. Eh bien? eh bien?
MICHEL, à part.. Que lui dire?... Mon Dieu ! mon Dieu!... ils vont la latre mourir ! ( Haut. ) Eh bteu ! c’est. . . uu terne qu’on a gagué dans la maison.
M™' GUERIN, avec joie. Gagné!... un terne!... moi, peut-être? Oh! oui, moi, n’est-ce pas ? Tout-à-l'heure j e l’ai rêvé
MICHEL , a part. O ciel !
M”" GUÉRIN. Tu ne réponds pas ?.. Ah !
je le vois, tu crains de me faire du mal...
Mais au contraire , mes enfans , ça me ferait tant de bien !-car j’ai joué ton avenir, ta fortune... Mais j’ai gagné, n’est-ce pas, j’ai gagné? Ah ! Michel, dis-moi donc que j’ai gagné !
MICHEL, ne se possédant plus. Eh bien !..
oui, mère, oui, vous avez gagné.
m”' guérin. Oh! merci, mon Dieu, merci... iMon fils aura un métier.
MICHEL, bus a Thérèse. .Mais qu’ai-je dit!... que faire maintenant?... Ce gain, cet argent, où le trouver?
THERESE, de même. Calme-toi... J ai cet argent.
MICHEL. Vous?..
THERESE. Il sera ici dans un instant.
MICHEL. Cet argent !..
therèse. Ou va l'apporter...
Michel. A vous, Thérèse?
THÉRÈSE. Tais- loi!., ou moule lYscalicr... si c’était?.. (Courant au finit.) AU !
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