SUR LE GROENLAND
Mes chasseurs du goulet Mascart revinrent sans avoir aperçu le moindre bœuf; les autres, en revanche, rapportèrent six lièvres, ce qui rendait la situation un peu moins sombre. On comprend, toutefois, que de voir porter de huit à douze le nombre d'hommes affamés que j'avais à nourrir, ne tendait pas précisément à alléger ma responsabilité.
Une seule circonstance me favorisait. Le voyage en traîneau que j'avais fait le long de cette côte en 1900, m'avait appris où j'avais le plus de chances de rencontrer les bœufs musqués, notre seul espoir. En quittant le cap Neumayer nous commençâmes par doubler la pointe de l’île Ellison. De là je fis longer à mon petit groupe le chenal qui sépare l’île Britannia de la terre de Nares, afin d’explorer la côte à partir de ce point jusqu’au cap May.
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