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rechange. Ils étaient accompagnés de trois chiens décharnés qu’ils étaient sur le point d’abattre. Bref, la fin n'aurait plus tardé longtemps à venir.
La nouvelle que j’étais dans le voisinage leur rendit suffisamment de force et de volonté pour se traîner jusqu’à notre campement. Ce n'étaient plus que des squelettes. Il était heureux que nous eussions tué d'autres lièvres depuis les quatre premiers: cela me permit de leur donner à manger.
D'autre part, j'avais envoyé deux hommes du côté du goulet Mascart, à la recherche des bœufs musqués. En guise de rations, ils avaient emmené un chien qui ne pouvait plus servir qu’à cela.
En attendant le retour de ces chasseurs et après avoir expédié deux autres Esquimaux à la chasse au lèvre, je grimpai au sommet de la colline la plus élevée du voisinage. Je pus reconnaître de là l’état de la glace jusqu'aux îles Britannia et Beaumont. Ce fut un grand soulagement pour moi de voir que la glace formée dans la baie s’étendait bien plus au large qu’en 1900 et que la surface en était lisse et unie. Je me doutais bien qu'elle serait plus ou moins « pourrie » par endroits, mails nous avions conservé nos raquettes, et on ne se higure pas les distances que peuvent parcourir des hommes, même épuisés par la faim et la fatigue, lorsqu'il n’y a pas autre chose à faire que de se pencher un peu en avant et faire glisser ses pieds l’un après l’autre jusqu’à ce qu’on ait atteint la dernière limite de ses forces.