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L'INSTALLATION A BORD

en 1888, et avait participé à toutes mes expéditions arctiques. Ses qualités et son dévouement étaient connus de tous.

Les matelots et les chauffeurs, à l'exception d’un de ces derniers, Charles Clark, né dans le Massachusetts, étaient originaires de Terre-Neuve. Ils appartenaient au type habituel de marins et de pêcheurs de phoques qui abondent dans cette île.

Passons maintenant à l’examen de notre installation. À bord du Roosevelt, aucun membre de l’expédition ne couchait dans l’entrepont. On n’y voyait pas, comme dans tous les navires anciens et même dans les bâtiments plus modernes, construits en vue d’expéditions polaires, le carré des officiers à l'arrière, tout contre l'arbre porte-hélice, et les hommes de l'équipage entassés à l’avant dans un espace étroit et mal éclairé. Tout autre était la disposition adoptée dans le cas actuel : on avait aménagé sur le grand pont des logements clairs et spacieux, simplement meublés, il est vrai.

Dans le salon de babord, éclairé sur le côté par deux sabords de 30 centimètres de largeur, et à l’avant par une fenêtre donnant sur le pont, régnait sur trois côtés une série de cases basses, recouvertes de coussins en cuir. Une table à rallonges, fixée au plancher par des vis; une pendule, une petite bibliothèque, cadeau de la société des Amis des Marins; enfin un « Livre aux membres de l’Expédition », expliquant en peu de mots le but du voyage, ce que l’on demandait à ceux qui y

prenaient part et ce que représenterait pour eux le succès éventuel, complétaient l’installation. C’est 1c1 que les officiers du bord, à l’exception du capitaine, prenaient leurs repas.

La cabine du capitaine, située à babord, à l'arrière du pont, était meublée d’une couchette pliante, d’une cuvette, d’une table et d’un pliant. On y voyait encore un chronomètre, un coffre et, aux murs, plusieurs gravures et des photographies.

Ma propre cabine se trouvait également tout à l’arrière, mais à tribord. Cette pièce, grâce aux bons soins de M"° Peary et d’autres amis, était meublée plus luxueusement qu'aucune des cabines occupées par moi au cours de mes expéditions précédentes, plus luxueusement à coup sûr qu’elle ne l’aurait été si je l’avais meublée moi-même.

Elle mesurait 3 mètres sur 4 m. 50 et était la plus grande que j'eusse jamais eue.

Une couchette, une table et une chaise, objets indispensables, s’y trouvaient, bien entendu. Puis venait la pièce de résistance, le magnifique pianola que m'avait donné mon ami H.-H. Benedict. Cet instrument, ainsi qu’un casier contenant environ 150 rouleaux de musique, opéras, marches, valses et « cake-walks » populaires, étaient vissés au plancher à l’avant de la pièce. Au-dessus pendait un grand cadre contenant le portrait du promoteur de l’expédition, Morris K. Jesup, flanqué d’un côté par un portrait à la plume du président Roosevelt, et de l’autre d’une photographie de

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