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EN ROUTE

Judje Darling, sous-secrétaire d’état au Ministère de la Marine. Dans un coin, à l’avant, était un lavabo fixe, et, le long de la cloison intérieure, une série de rayons où se trouvaient une petite bibliothèque arctique, un certain nombre d'ouvrages scientifiques, enfin quelques romans bien choisis. Une commode, une cave à liqueurs, une table, un fauteuil en osier, cadeau de M. Jesup, une chaude couverture de laine marron que je devais à la sollicitude de M° Peary, des portraits d'amis, des vues du pays, des cartes des régions polaires, accrochés aux murs, complétaient l’ameublement de ma cabine, où se trouvaient encore une grande malle et deux caisses de médicaments qu’on n'avait pas encore trouvé moyen de loger à l’entrepont.

Mercredi 26 juillet 1905. — Tout a une fin, même les préparatifs de départ d’une expédition comme la nôtre. Le Roosevelt part à deux heures de l’aprèsmidi de la jetée terminus de North Sydney’. A l’exception du gaillard d’arrière, où l’on a empilé des sacs de charbon pour empêcher le navire de trop piquer de l’avant, le pont est moins encombré de beaucoup que dans mes voyages précédents.

Les caisses d’huile et un petit nombre de tonneaux divers sont à peu près tout ce qui n’a pas été descendu à fond de cale. Nous avons à bord un peu plus de

1. Le Roosevelt, après avoir quitté New-York le 16 juillet, avait touché à Bar Harbour pour y recevoir le message d'adieu de M. Jesup; puis il était venu à Sydney pour s’approvisionner de charbon.

LE

500 tonnes de charbon, sans compter nos provisions et nos bagages.

La première chose à faire a été de caser les colis de tout genre que, depuis quelques jours, on s’est contenté de loger dans les divers cabines, surtout dans la mienne, pour éviter qu’on ne les mélange avec les provisions et qu’on ne les descende à fond de cale. On y arriva facilement avant l'heure du souper, et assez adroitement pour permettre de circuler dans la cabine et d’avoir accès à la couchette, à la table et à un fauteuil pliant.

Devant le port, une légère houle causée par le vent d’est prend le navire par le travers et le fait rouler quelque peu. Il se redresse bientôt en changeant de direction pour contourner le phare de Saint- Paul.

Aussitôt après le souper nous avons rencontré un épais brouillard, qui nous enveloppe encore à l’heure qu’il est, pendant que nous traversons le détroit de Cabot, à l’entrée méridionale du Golfe, et nous faisons jouer notre sirène comme si nous nous trouvions dans le détroit de Long-I[sland, car nous sommes en plein sur le passage des navires qui arrivent du large ou qui s’y dirigent.

Jeudi 27 juillet. — De violents orages pendant la nuit, avec des phénomènes électriques aussi grandioses

que ceux des orages que l’on rencontre dans le golfe du Saint-Laurent...

= ren etre

Nous dépassons à l’heure du déjeuner le cap

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