‹ Plus près du pôleChapitre 123 sur 232 · TE A | | * 47 3 Î LL TE L · texte numérisé non relu

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l’état où nous étions, la perspective d’avoir à refaire à pied le long trajet du cap Sheridan à notre dépôt de la péninsule Bache n’avait rien de séduisant. Heureusement le navire ne semblait pas avoir bougé, autant, du moins, que la jumelle permettait d’en juger.

Après avoir déposé provisoirement tout ce qui n’était pas instruments ou documents se rapportant à notre campagne, nous nous mîmes en route, marchant en ligne droite vers un point un peu au nord du cap Union. C'était la seule direction dans laquelle du haut des falaises, la glace nous avait semblé praticable sur toute la largeur de la passe.

Nous étions encore à plusieurs milles de la Terre de Grant lorsqu'il nous fallut camper sur la banquise à l'abri d’un grand hummock, pour le reste de la journée. Nous étions tous à bout de forces, n’ayant plus l’habitude de cette lutte de tous les instants contre les irrégularités de la glace, après les longues étapes que nous venions de fournir sur la neige unie de la côte du Groenland. Clark n’arriva au campement que plusieurs heures après nous. Pooblah, qui boitait de plus en plus depuis quelques jours, ne reparut pas. Quant à moi, l'éclat de la neige m’avait occasionné une ophtalmie fort pénible.

J'avais espéré pouvoir gagner le navire en une seule étape, après quelques heures de repos et de sommeil. Mais entre la faim et la fatigue personne ne put dormir. Je finis par dire à mes hommes qu’ils pouvaient tuer un des chiens restants. Ils commencèrent par dire

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