ÉRECTION D’UNE PYRAMIDE
Columbia et je me mis en devoir de grimper au sommet, accompagné de deux de mes Esquimaux, le troisième restant à garder les chiens.
Le pic n’est qu’un amoncellement de pierres détachées qui s’élève en forme de cône escarpé. Bien qu'il n’ait guère plus de 600 mètres d’altitude, il nous faut deux heures pour le gravir.
Arrivés tant bien que mal au sommet, nous bâtissons une pyramide de cinq pieds de haut sur quatre ou cinq
de côté. Une longue perche en frêne se dresse au milieu. J'y attache mon drapeau, je dépose dans une boîte en fer-blanc la relation de mon voyage, je hisse le drapeau, et, après avoir pris quelques photographies, nous dévalons par une couche de neige en pente plutôt rapide, où nous recevons force contusions.
Le temps se fait de plus en plus menaçant. Deux
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ou trois fois nous sommes enveloppés pendant quelques minutes par d’épais brouillards. Nous retrouvons cependant nos traîneaux et nous reprenons la direction de l’ouest pour arriver au cap Nares. Là, nous campons à quelques centaines de mètres du pied des falaises, sur du gravier sec, auprès de deux monticules coniques, pareils à ceux qu’on rencontre sur l’inlandsis groenlandais. L’eau potable ne manque pas.
9 juin. — Nous ne faisons, pour ainsi dire, que dormir ici, ce qui nous permet de rattraper un peu nos arriérés de sommeil. Pour ma part, j’en suis fort aise, diverses circonstances m’ayant, depuis longtemps, fait passer de mauvaises nuits; d’abord, le retour au
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