DERNIER CAMPEMENT
du détroit, je vis qu’il y avait beaucoup d’eau sur la glace. J’espérais néanmoins, que nous n’en aurions pas autant que pendant la dernière étape. Une chose était certaine, c’est que nous allions avoir beaucoup de mal pour nous en retourner et que nous serions mouillés tout le temps.
Pendant les mois de juin, de juillet et d'août, quand le temps est clair et calme et qu’on se trouve sur la terre ferme, il est quelquefois très agréable, dans ces régions, de coucher sous la tente.
Mais il n’en est pas de même, à beaucoup près, lorsqu'il souffle du vent ou qu’il neige, ou bien encore quand l’on se trouve sur la glace soit de haute mer soit d’une baie et que l’on est obligé de se trouver à un certain moment dans un endroit déterminé.
Il faisait assez de soleil pour sécher convenablement nos effets, mais lorsque ce dernier fut plus bas sur l'horizon, le brouillard et les nuages recommencèrent à se montrer.
On fit manger les chiens presque autant qu’ils voulaient, car la viande est bien plus facile à transporter dans leur estomac que sur un traîneau. J’espérais, d'autre part, qu'après le repos et la bonne nourriture qu’ils avaient eus ces jours derniers, ils tireraient mieux qu’en venant.
Les deux Esquimaux enlevèrent la peau de la tête des rennes et essayèrent de la faire sécher.
J’éprouvais, je l’avoue, un sentiment de tristesse et de regret à quitter ce dernier campement. C’était un
tableau séduisant qu’offraient là rennes et lièvres en train de paître au soleil, tandis que venaient égayer le paysage les appels des oiseaux et le murmure de l’eau courante. Et cette idylle se renouvellera d’année en année quand l'été sera venu; mais moi, à qui appar-
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