MARCHE TRÈS LENTE
absolument impraticable. La surface de la baie était complètement couverte de larges rivières et de grands lacs qui communiquaient les uns avec les autres.
La seule route possible était de suivre le bord extérieur de l’icefoot. Pour y arriver, nous dûmes revenir sur nos pas jusqu’au camp; après quoi, nous eûmes l’ennui d’avoir à contourner deux ou trois lacs et une grande rivière, ce qui nous obligea à nous engager au milieu des floes de haute mer avec leurs amoncellements de neige où l’on enfonçait jusqu’à la ceinture. Nous perdîmes ainsi trois heures.
Dans la suite, la marche devint plus facile; nous eûmes moins de détours à faire et le mélange d’eau et de glaçons n’eut plus en moyenne qu’une vingtaine de centimètres de profondeur. À un moment donné, une seconde rivière, large d’une cinquantaine de mètres, nous obligea de nouveau à faire un crochet qui nous ramena parmi les /oes.
En somme, nous n’avons avancé que très lentement, les pattes des chiens étant dans un bien triste état, à force d’être toujours mouillées et exposées aux aspérités aiguës de la glace. Nous les avons munis presque tous de petites bottes, mais malgré cela ils ne peuvent guère avancer qu’en boitant péniblement. Il a fallu aujourd’hui, à mon grand regret, abattre « Nungwoddie», le fidèle chien gris, et le donner à manger aux autres, ainsi que les peaux de rennes provenant de la Terre de Jesup qui n’ont pas eu l’occasion de sécher et qui commencaient à se gâter. Si nous n’arrivons pas
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