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BLOQUÉS

remimes en route le long de l’icefoot et nous gagnâmes la pointe septentrionale de la baie Wrangel. Se frayant un passage de vive force, le Roosevelt gagna le fond de la baïe, où l’on mouilla. L’eau était si peu profonde que nous pensions que nul glaçon un peu massif ne pourrait nous y atteindre. Je fus bien aise d’avoir pu nous abriter là : la partie de la côte comprise entre les baies Wrangel et Lincoln est un des plus mauvais endroits de toute la région où un navire

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Mais ce n’était pas tout d’être en lieu sûr, il fallait en sortir. Pendant trois semaines, les glaces nous

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retinrent prisonniers dans la baie; et j'avoue que, tout en ne voulant pas en convenir, je me prenais à douter que nous pussions nous échapper. L’Alerte et la Découverte avaient pu quitter la baie de la Découverte le 20 août, et le Protée le 26. Or, ces navires se trouvaient autrement bien placés pour pouvoir se dégager, que nous autres, emprisonnés comme nous l’étions au fond de la baie. D'ailleurs le temps qu’il faisait et l’état de la glace me rappelaient beaucoup plus que je ne l’eusse souhaité, ce qui m'était arrivé

au cap d’Urville en 1898.

L'espoir du retour finit par devenir si problématique que je me mis à former des plans en vue d’un séjour forcé d’une année supplémentaire dans ces pa-

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rages. Mon programme comprenait l’exploration par

des groupes de chasseurs agissant simultanément, de

toute la région comprise entre le cap Defosse et la

baie Lincoln, ainsi que du bassin du lac Hazen; en outre, il prévoyait la formation de colonies au fort Conger, au lac Hazen et au fond du fiord Archer.

Le 24, vers midi, la glace se relâcha quelque peu; nous pûmes avancer de trois milles environ vers le cap Baird. Ensuite la glace et le brouillard se refermèrent sur nous; la dérive nous entraîna lentement dans l’est jusqu'à minuit; nous restâmes en place pendant la journée du 25, et le 26, reperdant tout le terrain gagné, nous fûâmes derechef repoussés dans la baie.

Vers quatre heures du matin, le 27, une brise très légère, soufflant du fond de la baie, nous fit dériver presque imperceptiblement vers l’est. À cinq heures trente, la glace se détendit légèrement; nous en proftâmes aussitôt pour nous mettre à nous frayer un passage à coups d’éperon vers l’eau libre, le long de la côte du Groenland. Au commencement, nous n’avancions qu'avec une lenteur désespérante; plus tard, les choses allèrent un peu mieux, nous pûmes avancer vers le cap Tyson. Enfin, contournant un énorme ffoe, nous réussîmes à en suivre le rebord extérieur vers le midi, et à nous glisser entre le floe et l’île Joe.

Quel que fût le sort qui nous attendait, nous ne courions plus le danger d’être coincés pour toute une année dans la baie Lady Franklin, ni de voir écraser notre navire contre les terribles falaises qui bordent le rivage du promontoire J. Daly, depuis le cap Lieber jusqu’au cap Defosse. A partir de ce moment, le

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