NAVIGATION INTERMITTENTE
Roosevelt fit des progrès très satisfaisants jusqu’au 20, à six heures du matin, où il fut arrêté par une banquise impénétrable, au sud et à l’est de la pointe Hayes. Depuis l’après-midi du 29 jusqu’au $ septembre à six heures du soir, il nous fut impossible d’avancer. La
ni LS mi de de g = —
glace où nous étions emprisonnés dérivait lentement mais sûrement vers le sud-ouest: elle se tassait contre la presqu'île Bache et dans les baies Buchanan et
Lu |
Princesse Marie.
Le soir du 5, la glace se relâcha vers le sud-est. Je renonçai à mon intention d’aller reprendre mon dépôt de la pointe Victoria ; le Roosevelt se dirigea vers la pointe Cairn, sur la côte du Groenland. Depuis le 5 septembre au soir jusqu’au 7 à minuit, il fut possible de faire, d’une façon intermittente, des trajets de quelques heures qui, en s’ajoutant les uns aux autres, nous amenèrent au delà du milieu du bassin de Kane. Les 8, 9, 10 et 11 nous demeurâmes emprisonnés au milieu de vieux ffoes très compacts à proximité d’un groupe de quatre icebergs. Une pareïlle position ne laissait pas de me causer une certaine inquiétude, d’autant plus que, pendant deux de ces journées, le vent du sud
CP TE TES ee de te ESS = = — es
soufflait en tempête.
Le 11 septembre, à sept heures du soir, on put encore avancer un peu et, pendant les cinq jours qui suivirent, on profita de toutes les occasions de gagner un ou deux milles vers le sud-est, ce qui nous était possible pour ainsi dire à chaque marée. Nous étions ensuite repris et poussés vers le sud-ouest par quelque
D "Le
{ 1 LE + ; le | nl À Er) :
ne |
et nn,
DEEE TER re , as “re tél gta sg, - — SE LE OU LE ST OU UND ue
6 "Ar SAN ire rh dd AN -
Na
vaste train de glace en pleine dérive le long de la côte du Groenland.
Le temps commençait dès lors à devenir très froid; la jeune glace se formait déjà et durcissait avec une grande rapidité. Au fond, je ne doutais plus désormais de pouvoir nous échapper à moins de quelque contretemps imprévu. Cependant la saison était si avancée et l’état de la glace si peu favorable qu’il n’était pas impossible du tout de voir se répéter l'expérience du Polaris et de nous trouver pris pour tout l’hiver dans la banquise en dérive.
Finalement, après un ou deux arrêts momentanés que causaient les extrémités de deux //oes venant à se rejoindre, nous débouchâmes le 16, à quatre heures du matin, dans la mer libre un peu au nord de l’île Lyttleton, d’où nous gagnâmes Itah. C’est ainsi que se termina la lutte opiniâtre que nous livrions à la glace depuis le 4 juillet, lutte qui avait duré soixantequinze Jours.
Nous quittâmes Itah. Après y avoir laissé la moitié de nos Esquimaux et pris le temps de réparer le navire, nous arrivâmes à minuit au cap Alexandra, d’où le Roosevelt se dirigea en droite ligne vers le cap Isabelle, en exécutant une série de sondages sur la largeur du détroit de Smith.
À dix milles environ du cap Alexandra, nous rencontrâmes le bord compact de la banquise. Celle-ci, extrêmement épaisse, s’étendait sans la moindre solution de continuité jusqu’au rivage de la terre d’Elles-