EN EAUX LIBRES
mere. Un sondage effectué dans cet endroit accusa un fond de 435 brasses.
Le Roosevelt prit ensuite la direction du cap Chalon, contournant une pointe de la banquise qui s’étendait presque jusqu’à la côte du Groenland, audessus dé la baie Sonntag. Dans le détroit de la Baleine, rempli d’icebergs, de glaçons et de nappes de jeune glace, nous vimes un grand nombre de morses; on en tua dix, non sans difficulté, car la jeune glace ne permettait pour ainsi dire pas de s’en approcher.
Nous entrâmes à Kookan pour y débarquer un nouveau groupe d’Esquimaux. À peine avions-nous mouillé en dehors du delta, qu’une grande nappe de Jeune glace relativement épaisse vint donner contre le navire et en fit échouer l’arrière aux derniers moments de la marée haute. Ce fâcheux contretemps nous retint
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en ce lieu jusqu’au lendemain à midi; on profita de la circonstance pour achever le calfatage de l'arrière et
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Pour resserrer et renforcer les écrous de l’hélice. En sortant de Kookan, la jeune glace résistante, épaisse alors d’une quinzaine de centimètres, retarda
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sérieusement la marche du navire pendant les trois premiers milles. Une fois sortis de la baie, la glace se fit moins compacte. On mit le cap sur la passe qui sépare les îles Herbert et Northumberland, et pendant le trajet on tua six morses qui se trouvèrent sur notre
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Après avoir franchi le détroit et doublé le cap Parry,
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nous nous trouvâmes dans une mer libre et nous poussâmes directement vers le sud. Un contingent d'Esquimaux voulait débarquer à Oomunui, au sud de la baie Wolstenholm ; le Roosevelt passa donc derrière les îles Saunders où l’on tua six grands morses mâles. Une jeune glace, trop épaisse pour qu’on pût la briser, nous empêcha de nous approcher d’Oomunu; je cherchaï donc-à débarquer les Esquimaux à Narksami entre Oomunui et le cap Athol. Je né fis cependant qu’y jeter l’ancre un moment, l’épaisseur et le mouvement de la jeune glace me faisant craindre d’y rester même une heure. Je fis donc lever l’ancre sans retard, et nous ressortimes lentement, à travers une nappe de jeune glace; 1l nous fallut toute la force dont nous pouvions disposer pour en venir à bout.
Les nuits commençaient à être très sombres. Au large du cap Athol nous sortîmes de nouveau de la jeune glace et, reprenant la direction du sud, nous nous trouvâmes, le lendemain de grand matin, à la hauteur du cap Dudley Digges. Mes derniers Esquimaux débarquèrent dans la baie de Parker Snow.
La journée était merveilleusement belle: le soleil resplendissait ; il faisait presque chaud. Les Esquimaux travaillèrent de bon cœur à débarquer leurs effets, leurs chiens et la viande de morse que je m'étais procurée à leur intention, attendu que je ne lés ramenais qu’à la fin de la saison des chasses et qu’ils ne pouvaient plus espérer trouver avant l’hiver qu’une provision de vivres insuffisante pour les mener jusqu’à l’année suivante.