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l’on tua encore douze bœufs musqués dont les peaux et la viande furent apportées au fort Conger.

Ne jugeant pas utile de tuer davantage de gros tt ne gibier, et n'étant pas en état de pousser plus avant LE NA tr dans la direction du nord, je m'occupai seulement

FU de faire caser la viande et les peaux déjà recueillies, LUE T de rassembler les rapports et les papiers privés de il. jErl l’expédition américaine de la baie Lady Franklin, Fe LT d'assurer autant que possible les collections et les effets de l’expédition, d’installer le matériel et les protal visions et de rendre la maison plus confortable.

| Le 23 mai, nous partîmes pour le navire, n’empor- | | tant que les rapports scientifiques de l’expédition, les EE Papiers particuliers de ses membres et les vivres nécessaires. Je me voyais encore dans la nécessité de me faire traîner tout le temps. Favorisé par une lumière abondante et un temps uniformément calme et en tirant des chiens tout ce qu’ils étaient capables de donner, J'accomplis le trajet en six jours, arrivant au Windward le 29 mai.

Pendant mon absence, le capitaine Bartlett avait bâti au cap d’Urville, sur les plans que je lui avais fournis, une maison très confortable. Les murs en étaient composés de caisses vides ; elle avait un double Ü toit en toile à voiles, et était entourée d’un solide rempart de galets.

Le 1° juin, j’envoyai un traîneau chargé de pro- VISIONS AU Cap Louis-Napoléon, et quatre au cap Nor- | ton Shaw. Le 6, j’expédiai trois chargements à la baie

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RAPPORT

Carl Ritter, et deux au cap Lawrence. Le 23 Juin, le dernier de ces traîneaux revenait au Windward et la campagne de l’année vers le nord était terminée. Le retour de la baie Carl Ritter avait été lent, par suite de l’abondance d’eau sur l’icefoot et de glace de haute mer dans les baïes, d’où résultaient pour les chiens des blessures aux pattes qui les empêchaient de tirer.

Le 25 juin, un nombre suffisant de chiens étaient guéris pour me permettre de former deux attelages. Je les confiai à Henson, qui partit avec quatre Esquimaux et un canot pliant. Il avait pour mission de gagner Îtah et de se mettre en communication avec le navire que le Club devait y envoyer au courant de l'été. De cette façon, ce navire, quel qu'il fût, ne perdrait pas Son temps, même si le Windward tardait à se dégager des places.

Le 29 juin, je partis avec deux traîneaux et trois indigènes pour compléter mon relevé des baies Princesse Marie et Buchanan, et pour pousser une reconnaissance à l’ouest de la première. Mes pieds, que je ménageais depuis mon retour au fort Conger, commençalent à être en assez bon état. C’est tout au plus s’il restait encore un petit point à vif sur celui de droite. En voyageant et en travaillant de nuit, et en dormant de jour, je gagnai la baie Princesse Marie, je traversai l’isthme étroit de la presqu'île Bache et je campai le matin du 4 juillet près du fond du bras septentrional de la baie Buchanan. A peine la tente était-elle dressée, qu’on signala un ours sur la glace de

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la baie. Nous nous mîmes aussitôt à sa poursuite, et bientôt nous l’eûmes tué. C’était un grand et bel échantillon de son espèce.

Pendant la poursuite, j’avais remarqué un troupeau de bœufs musqués dans la vallée à quelques milles de nous. Une fois l’ours transporté au camp et écorché, on prit quelques heures de sommeil et on se mit en campagne pour retrouver les bœufs. Nous en abattimes six, dont deux grands mâles. De plus, deux veaux nous accompagnèrent d'eux-mêmes jusqu’au camp. Les trois jours suivants se passèrent à apporter la viande jusqu’au camp.

Je passai ensuite dans le bras méridional de la baie Buchanan où je tuai encore un bœuf musqué. Revenant alors dans la baie Princesse Marie, je campai, le matin du 14, auprès du glacier qui occupe tout le fond de la baie de Sawyer.

Je consacrai six jours à faire l’ascension du glacier, dont je franchis la calotte dans la direction de l’ouest. Les hauts sommets avaient de 1300 à 1600 mètres d'altitude et l’on voyait de là toute la côte occidentale de la terre d’Ellesmere libre de neige, ainsi qu’un ford libre de glace, s'étendant à quelque cinquante milles vers le nord-ouest. La saison était plus avancée d’au moins un mois que sur la côte orientale et l’aspect g'énéral du pays me rappelait la côte du Groenland dans le voisinage du Whale Sound.

Quelques heures de temps clair me permirent de prendre quelques hauteurs de soleil; après quoi, les

RAPPORT

brouillards, la pluie, la neige nous enveloppèrent. C’est dans ces conditions qu’il me fallut, en me guidant d’une boussole, retrouver le glacier et en redescendre le flanc. Le 21, j'étais de nouveau dans mon camp du 15.

Le retour au navire fut assez pénible, par suite de l’état pourri de la glace formée depuis un an seulement, ainsi que des nappes d’eau et des canaux qui s’étaient formés à la surface des vieux floes. Nous étions forcés ou bien de faire d’interminables détours, ou bien de les passer à gué avec de l’eau jusqu’à la ceinture. Pendant sept jours, nos vêtements, notre tente, nos sacs de couchage et nos aliments furent sans cesse saturés d’eau. Le 25 juillet seulement, nous arrivions au Windward.

Malgré les désagréments et les difficultés de ce voyage, causés surtout par la saison avancée, je me sentis bien récompensé par les résultats acquis. Je m'étais procuré les données nécessaires pour compléter la carte de la région des baies Buchanan et Princesse Marie, et de plus, j’avais eu la bonne fortune de pouvoir franchir la calotte de glace de la terre d’Ellesmere et d’en contempler la côte occidentale. Le gibier que nous avions tiré comprenait un ours blanc, sept bœufs musqués, trois oogsook' et quatorze phoques.

Lorsque je rejoignis le Windward, il se trouvait sur la côte orientale de la baie Franklin Pierce.

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