Phoques à barbe
Une expédition était partie deux Jours auparavant avec des chiens, un traîneau et un canot pour venir à ma
rencontre et m'apporter des ravitaillements. Il fallut
QE on ol trois jours pour se mettre en communication avec eux HE | et les ramener à bord avec leur équipement. Cela fait, ji 1 le Windward regagna son quartier d’hiver au cap REA d’Urville, embarqua les chiens, et reprit la mer le Li matin du mercredi 2 août.
| Nous avions avancé d’une douzaine de milles peut- FAR sp être en cinq jours, lorsqu'un vent du sud referma | la banquise, nous entraînant vers le nord jusqu’à la hauteur de notre point de départ. Le mardi 8, de grand
| matin, nous pûmes nous remettre en route. La glace se il | détendit quelque peu, ce qui nous permit de déboucher | dans une mer libre, un peu au sud du cap Albert. A dix heures, nous arrivions au cap Sabine.
J'y établis une cache, puis on mit le cap sur Itah, où nous mouillâmes le 0, à cinq heures du matin. Des lettres nous y attendaient, et nous apprîmes d’autre ! part que la Diane, envoyée à notre rencontre par le M Club, était partie à la chasse aux morses. Elle revint 41 le 12, et j'eus le grand plaisir de serrer la main du | | secrétaire, M. Bridgman, qui commandait l’expédi- EL tion.
L'année que nous venions de passer dans le nord avait été pour nous tous une année d’un labeur acharné
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et continu. Dans cet espace de temps, je m'étais procuré les données nécessaires pour pouvoir dresser une carte authentique de la région de la baie Buchanan,
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RAPPORT
de la presqu'île Bache et de la baie Princesse Marie; J'avais traversé l’inlandsis de la Terre d’Ellesmere, dont j'avais gagné la côte occidentale : j'avais établi une série régulière de caches depuis le cap Sabine jusqu’au fort Conger, et j'y avais déposé quelque quatorze tonnes d’approvisionnements; j'avais retrouvé les rapports originaux et les papiers privés de l’expédition Greely ; j'avais créé au fort Conger une base qui servirait à la prochaine expédition ; enfin j'avais exploré et j'avais familiarisé mes hommes avec toute la région qui s’étendait au nord jusqu’au cap Beechey.
À l'exception de ceux du cap d’Urville, tous les approvisionnements ainsi que les vivres et munitions dont nous nous étions servis au fur et à mesure, et la nourriture des chiens, en quantité énorme, avaient été transportés en traîneau.
Enfin, malgré le malencontreux accident qui m'était arrivé, J'étais satisfait en ce sens, que ma tentative d'atteindre la côte nord-ouest du Groenland au mois de mai, avec le fort Conger comme point de départ, avait eu pour effet de prouver que la saison était tout particulièrement défavorable au point de vue de l’état de la glace au nord du cap Beechey. A supposer que je n’eusse pas eu les pieds gelés, je doute fort qu’en arrivant au cap Hécla, il m’eût paru sage de tenter de pousser plus loin.
La décision de ne pas hiverner au fort Conger me fut dictée surtout par deux considérations : d’abord, je n’étais rien moins que sûr que les chiens pussent résis-
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ter aux rigueurs de l'hiver, et de plus, 1l était relativement facile de parcourir avec des traîneaux légers le trajet d’Itah au fort Conger.
Lorsque la Diane arriva au rendez-vous, je m’y embarquai pour faire une tournée dans les campements d'Esquimaux, afin de recueillir des fourrures et autres matières premières servant à la confection des vêtements et à l’équipement des traîneaux et de recruter des chiens pour nos attelages.
Pendant mon absence, le Windward se livra à la chasse aux morses, occupation à laquelle, par la suite, la Diane prit part également. Le 25 août, le Windward repartit pour les États-Unis, suivi le 28 par la Diane, après que Jeus débarqué à Itah avec mes hommes, mon équipement, et le renfort d’approvisionnements que ce navire m'avait apportés.
La Diane sembla emporter avec elle tout le beau temps, ne nous laissant que des nuages, du vent, du brouillard et de la neige, qui se succédèrent presque sans interruption pendant des semaines.
Après son départ, les travaux à accomplir étaient les suivants : mettre à l’abri les provisions, construire nos quartiers d’hiver, puis commencer à fabriquer des traîneaux et piler la viande de morse pour en faire du pemmican destiné à servir aux chiens pendant la campagne du printemps.
Pendant le premier mois, nos canots prirent un certain nombre de morses au large de l'embouchure du
ford. Ensuite la nuit arctique vint nous envelopper de
RAPPORT
ses ténèbres, avec sa monotonie interrompue seulement par les visites que venaient nous faire les indigènes, de temps à autre une chasse aux rennes et, au mois de décembre, une excursion en traîneaux jusqu’à Kangerdlooksoah pour visiter les campements d'Esquimaux de la région de la Baie de la Baleine. Pendant les neuf jours que dura cette petite expédition, nous parcourûmes deux cent quarante milles en six étapes, dont la première et la dernière furent de soixante à soixantedix milles chacune. Je revins à Itah à point nommé pour échapper à une forte tempête de neige qui interrompit toute communication entre Itah et les autres villages esquimaux, jusqu’à ce que j’eusse envoyé des hommes munis de raquettes canadiennes avec un traîneau de construction spéciale, ne portant aucun chargement, et tiré par de doubles attelages, pour tracer la piste.
Pendant mon absence à la Baie de la Baleine quelques-uns de mes indigènes s’étaient rendus au campement de M. Stein au cap Sabine. Le 9 janvier, je commençai les travaux de la saison en y expédiant quelques traîneaux chargés de pemmican destiné à nourrir mes chiens pendant l’expédition du printemps. À partir de ce moment, toutes les fois que la mer était suffisamment libre dans le détroit de Smith pour permettre de faire la traversée, j’expédiai de nouveaux chargements de pemmican au cap Sabine. Pendant ce temps, à mesure que la lumière augmentait, j’eus soin d'avoir constamment des Esquimaux dans le bois de
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Sonntag, à vingt milles au sud d’Itah, pour y chasser le morse.
Mon programme pour le printemps était de faire il passer trois divisions de traîneaux d’IÎtah au fort | Conger, la première sous la conduite d’Henson, la | dernière sous la mienne.
Jr Arrivé au fort Conger, je comptais renvoyer un mit certain nombre de mes Esquimaux, en installer une partie au fort même et partir pour le nord avec les autres, soit par le cap Hécla, soit par la pointe septentrionale du Groenland, suivant les circonstances. J'aurais voulu faire partir la première division le 15 février, la seconde une semaine plus tard, et me
RE mettre en route avec la troisième le 1° mars. Malheureusement, un orage violent qui disloqua la glace entre Itah et l’île de Lyttelton, retarda jusqu’au 19 le départ de la première division, composée de sept traîneaux. | La seconde, de six traîneaux, partit le 26 et, le | A mars, Je me mis en route à mon tour avec la troisième. Trois étapes nous menèrent au cap Sabine, i où le vent du nord, qui soufflait en tempête et chassait | | devant lui des tourbillons de neige, me retint deux | Eh | jours. Encore trois étapes, par une température de al — 40° centigrade, et nous étions au cap d’Urville. Les | | Lil rapports que Je trouvai m’apprirent que la première
| division y avait été retenue huit jours par le gros
| temps, et que la deuxième division en était repartie
| deux jours seulement avant mon arrivée. Sur ces | | entrefaites deux des Esquimaux d’Henson revinrent de
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