CONTRE LES GLACES
tout ce que j'attends de lui. La coupe élancée de son étrave lui donne une puissance de pénétration qui ne laisse pas de me surprendre moi-même, bien que ce soit moi qui l’aie voulue ainsi. Malgré son poids et son fort tirant d’eau, le navire s’enlève par l’avant sur la glace qui lui barre le chemin sans subir de choc bien prononcé, quelle que soit la vitesse à laquelle il est lancé. Ou bien les glaçons se fendent en vertu de sa force d’impulsion, ou bien ils sont rejetés à droite ou à gauche, par le poids même de sa masse.
Nous nous heurtâmes, cependant, à des champs de « vieille glace » dont plusieurs Roosevelt n'auraient pu venir à bout. Il fallut bien faire un détour vers le sud-ouest. Enfin, quand nous fûmes à moins de 10 milles du cap Isabelle, il fut de nouveau possible de prendre la direction du nord.
Le cap Sabine et le port Payer, dont J'avais fait mon quartier général pendant seize mois en 1901-1902, étaient bloqués par une glace épaisse; nous ne pûmes nous en approcher. Pendant un certain temps nous nous frayâmes un passage dans la direction du nordest, après quoi la glace devint trop épaisse. Revenant en arrière, nous nous dirigeons, non sans peine, du côté de la presqu'île Bache. Vers le milieu de la baie Buchanan, nous sommes arrêtés par d’énormes glacons, qui nous empêchent de gagner une nappe d’eau hbre sous le cap Albert.
Plus tard l’état de la glace paraît être plus favorable dans l’est. Nous rebroussons chemin et Je recon-
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