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UNE ALERTE

de la côte de la Terre de Grinnell, tant au nord qu’au midi, sont étroitement bloqués par une glace épaisse.

Au moment du jusant, 1l se fit une détente dans la banquise le long de la côte occidentale de l’île. Nous hâtant de regagner le Roosevelt, nous réussissons, après quelques heures d’un travail acharné à rompre la barrière de glace. Bientôt, malgré un vent du nord dont le souffle puissant soulève de grosses vagues sur notre avant, nous filons grand train vers le cap Lupton où nous arrivons le 22 à minuit.

Pendant que nous traversions cette nappe d’eau libre, nous passâmes entre le havre de Grâces à Dieu, quartier d’hiver du Polaris, de l'expédition Hall, sur notre droite, et le port Discovery, quartier d’hiver de la Discovery et emplacement du fort Conger, sur notre gauche.

À quelques milles au nord du cap Lupton, pendant que nous fendons sous notre étrave une mince langue de glace, un remous subit du courant, qui dans ce chenal profond atteint par moments la vitesse d’un torrent, rassemble les glaçons qu’il fait tourbillonner comme des feuilles chassées par le vent. Le Roosevelt

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est pris entre ces glaçons et la glace côtière, contre

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laquelle il est projeté violemment.

Heureusement il trouve un abri dans un léger renfoncement de la banquette, où nous nous empressons de le fixer par toutes les amarres que nous avons sous

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la main. L’alerte ne dura que cinq minutes, mais iln’en ;

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fallut pas davantage pour désemparer à peu près notre gouvernail, dont l’arrière-partie fut tordue violemment, les gonds massifs et la monture brisés, ainsi que les chaînes d’acier qui le font manœuvrer. Nous y fimes tant bien que mal, les réparations nécessaires, et aussitôt que la pression diminua, nous contournâmes le cap Summer, pour aller amarrer le navire à la banquise fixe de la baie de Newman, sous le cap Brewoort. Là on s’occupa de réparer d’une façon permanente notre gouvernail raccommodé et où nous attendîmes que la formation d’une nappe d’eau libre nous permît de traverser le chenal Robesson pour gagner le voisinage du cap Union.

La glace formée dans la baie pendant l’hiver était encore intacte; la surface en était unie et granulée, et les nappes d’eau qui s’y était formées étaient recouvertes d’une croûte capable de supporter le poids d’un homme.

» Aussitôt que les amarres furent en place, je me rendis à terre, grimpai au sommet du cap Brewoort et voici ce que je vis. La crête des falaises orientées vers le nord commandait toutes les approches du chenal Robesson, depuis le havre du Repulse jusqu’au cap Rawson et le long de la terre de Grinnell jusqu’à la baie Lady Franklin. La côte du Groenland au sud du cap Summer était masquée par les hautes falaises qui la terminent. Tout le long de la côte de la terre de Grinnell, au centre du chenal, et vers le nord à perte de vue, régnait une banquise compacte. La nappe d’eau

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