‹ Plus près du pôleChapitre 30 sur 232 · RÉPARATION DU GOUVERNAIL · texte numérisé non relu

RÉPARATION DU GOUVERNAIL

qui nous avait permis de venir jusqu'ici était toujours libre. Si tel eût été mon but, le Roosevelt aurait pu, en se tenant près du rivage, longer la côte du Groenland jusqu’au havre du Repulse, peut-être même jusqu'à hauteur du cap Bryant. Dans toute la largeur du détroit Robesson on ne voyait aucun signe de canaux ou de fissures.

Nous restâmes cinq jours dans la baie de Newman à réparer le gouvernail et à en remplacer les chaînes par des câbles en acier. Au sud de la baie je trouvai la barque du Polaris, qu’avaient abandonnée au Camp de la Barque, en 1871, Chester et Tyson, de l’expédition Hall. Puis, à mesure que les glaces venant du nord pénétrèrent dans la baie, nous fûmes peu à peu chassés par elles de notre abri et poussés, à chaque marée, plus près de l’extrémité du cap Summer, rasant par moments le rivage pour éviter un ff0oe'. Comme la baie se remplissait peu à peu de glace et que toute la partie nord du chenal était déjà bloquée par une banquise compacte, le capitaine Bartlett et Marvin firent plusieurs fois l'ascension du cap Summer pour reconnaître le chenal, mais sans jamais obtenir de résultats satisfaisants.

Le 28 au matin la marée nous repoussa encore. Impatientés de ce long retard, encouragés d’ailleurs par la manière dont s’était comporté le Koosevelt pendant la traversée du chenal auprès du cap Calhoun, nous nous mîmes en devoir de livrer un nouvel assaut

Page 1