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PRÉFACE
que j'ai tracée et en profitant de mon expérience, pourra non seulement atteindre le PÔle, maïs encore combler les principales lacunes qui subsistent aujourd'hui dans notre connaissance des régions arctiques. Elle pourra, notamment, exécuter une série de sondages profonds dans l'Océan Polaire central, et fixer la configuration de la partie inconnue de la côte nord-est du Groenland, depuis le cap Morris Jesup jusqu'au cap Bismarck. C'est là un travail qui peut très bien s'accomplir en une seule saison. Quant à ceux qui pensent qu'il n'y a pas grand intérêt à atteindre le point mathématique où vient aboutir vers le nord l'axe de notre globe’, je leur dirai que, si un Américain était le premier d'entre fous les hommes à planter son drapeau sur ce point tant convoité, il n'existe pas un seul citoyen de la libre Amérique, ni aux États-Unis ni à l'étranger, qui ne se sentirait, de ce fait, un peu grandi, un peu plus fier d'être Américain. Qui donc osera nier que ce surcroît d'orgueil, de fierté patriotique, que trouveraient là tous ces millions de nos cotitr. Dans l'exposé de son projet de voyage, devant la Société de Géographie de Christiania en 1801, l'explorateur norvégien Nansen déclarait qu'il se proposait
non pas d'atteindre le Pôle, mais d'étudier, au point de vue scientifique, les régions
inconnues du bassin polaire.
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