DANS LE PACK
élan et de nouveau nous nous jetons tête baissée sur la banquise au travers de laquelle nous avançons petit à petit.
Par moments la paroi bleue d’un grand f/0e vient raboter les flancs du navire; nous l’écartons de notre chemin et nous repartons, sentant vibrer sous nos pieds les énormes machines, et l’arbre de couche en acier, qui fait tourner follement l’hélice aux larges ailes.
Je relève un passage de mon livre de bord :
« Le Roosevelt est un fameux brise-glace. S'il avait l’usage de toutes ses chaudières, il serait irrésistible. Le pack: est très compact. Il présente d'énormes floes, dont quelques-uns ont plusieurs milles de diamètre, et dont les parois, aux reflets bleus d’acier, sont de véritables murailles à pic. Je ne serai pas fâché quand nous l’aurons traversé. »
Dans une de ses charges, le Roosevelt laissa comme souvenir un fragment considérable de son étrave sur le haut d’un débris d’iceberg qu’il dut heurter de front pour l’écarter de son chemin. Dans une autre, un f/oe bleu d’une épaisseur de quatre à cinq mètres se fendit par le milieu sous le choc.
Mardi 29 août. — Nous continuons jusqu’à quatre heures du matin à nous rapprocher lentement de la terre de Grinnell. Pendant plusieurs heures, à partir de ce moment, nous ne faisons que bien peu de progrès. Puis, jusqu'à quatre heures de laprès-midi, nous recommençons à avancer plus ou moins régulièrement