Amas de glace flottante
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à la banquise, puisqu'on n’y voyait pour le moment ni nappe d’eau ni canal.
À la pointe du cap Summer le Roosevelt, pincé entre deux grands glaçons bleuâtres entraînés autour de la pointe par le courant, se met à vibrer pendant quelques instants comme une corde de violon, avant de s’enlever victorieusement au-dessus des glaçons.
Nous nous lançons à l’assaut de la banquise qu’il s’agit de traverser dans la direction de l’ouest. La glace atteint presque constamment le niveau de notre plat bord. Par moments elle s’élève à une telle hauteur que nous sommes obligés de rentrer les embarcations suspendues aux bossoirs du rouf, sous peine de les voir défoncer par la crête des glaçons. Mais tout vaut mieux que l’attente et l’inaction des cinq derniers Jours.
Le Roosevelt s’ingénie, se faufile, donne de tout son poids sur les énormes glaçons chaque fois qu'il a la place de prendre son élan, se soulève par l'avant comme un cheval de steeple qui aborde l'obstacle. C’est un moment inoubliable. Tous nos cœurs battent follement, en proie à l'émotion, à l'ivresse de la lutte. À la bonne heure, voilà ce qu’on peut appeler vivre!
Tantôt nous nous lançons à corps perdu sur l’obstacle qui s’ouvre en grinçant sous le choc de l’ étrave, dont l’acier fend les glaçons comme le marteau fend un bloc de marbre.
Tantôt nous rejetons les masses de glace à droite et à gauche, nous reculons pour prendre un nouvel