MAUVAIS TEMPS
Vendredi 1° septembre. — Nous nous mettons en route de bonne heure; 1l est à peine trois heures et demie du matin. Malgré un brouillard intense et une tempête de neige, nous gagnons le rivage septentrional de la baie Lincoln, où nous nous voyons de nouveau barrer le chemin par le pack fermé. Nous amarrons le navire à la paroi de la banquette côtière.
Je relève un nouveau passage de mon livre de bord :
« Mauvais temps ce matin. La neige, chassée par le vent, balaie le pont; la mer est noire comme l'encre; la glace d’une blancheur livide. De la terre nous ne voyons que la paroi à pic contre laquelle on peut presque dire que nous nous heurtons à chaque balancement du navire. L’été a vécu, c’est l’hiver qui commence. À peine nos amarres étaient-elles fixées à l’icefoot, que la glace vint remplir complètement la baie.
« Le soir, à la marée descendante, une bonne partie de la glace qui se trouvait entre le rivage et nous fut entraînée vers la haute mer. Cependant il ne se forma aucun chenal à l’extrémité du cap, de sorte que nous n’eûmes pas la possibilité de continuer notre route vers le nord.
« Avec la marée qui recommence à monter, la glace revient aussi. La pointe d’un gros glaçon heurte notre arrière et fait virer le gouvernail complètement à babord; le navire poussé contre le rivage y reste suspendu jusqu’à la marée haute, maintenu par
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