‹ Plus près du pôleChapitre 36 sur 232 · RUES · texte numérisé non relu

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l’énorme ffoe qui menace à chaque instant de nous soulever encore davantage, de telle sorte qu’il n’aurait plus été possible de jamais nous remettre à flot. »

Avec son gouvernail faussé, ce ne fut pas une petite affaire que de conduire le Æoosevelt jusqu’à un gîte relativement moins exposé. Il fallut pour cela suivre un peu la côte, en remontant le courant qui charriait de nombreux glaçons. Pendant ce temps, le vent et la neige faisaient rage. Finalement, on se trouva plus ou moins à l'abri et l’on put redresser quelque peu le gouvernail.

Le 3 septembre, de grand matin, des glaçons mouvants vinrent par deux fois, coup sur coup, pousser le navire à terre. Il me tardait de quitter ce voisinage dangereux, où les mouvements violents et traîtres de la glace ne nous laissaient pas un instant de sécurité. Malheureusement, après avoir grimpé au sommet d’un monticule pour reconnaître l’état de la passe, re m'aperçus qu'elle était recouverte d’une nappe de glace infranchissable.

Toutefois, peu après minuit, une brise soufflant du sud avait formé un chenal qui nous permit de sortir de la baie, vers trois heures et demie, et de gagner le delta de la Shelter, un peu au sud du cap Union. À peine avons-nous pénétré dans une espèce de dock naturel en écartant les glaçons qui en obstruaient l’entrée, que les f/0es, en se tassant contre la barrière du cap, nous y emprisonnent solidement. C’est à peine si nous avons un pied d’eau sous la

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