‹ Plus près du pôleChapitre 39 sur 232 · PREMIERS RÉSULTATS · texte numérisé non relu

PREMIERS RÉSULTATS

à la paroi de l’icefoot, l’avant du navire tourné vers le nord.

Je ressens un profond soulagement : l’aléa du voyage est désormais éliminé. Il est toujours possible que le Roosevelt, soulevé par les glaçons, s’échoue définitivement et soit perdu pour nous, car notre position n’est rien moins que sûre. Mais il n’est guère probable que nous perdions nos provisions ni notre équipement, et ceux-ci nous permettront toujours d'accomplir le reste de notre programme. Même si notre navire ne dépasse pas le point où il est arrivé, il a amplement justifié nos espérances et atteint le but pour lequel 1l a été construit.

C'est pour moi une grande satisfaction de pouvoir me dire que nous avons réussi, de haute lutte, à franchir les passes étroites et encombrées de glace, qui constituent la route américaine vers le Pôle; que nous avons distancé nos prédécesseurs, établi le bien-fondé de la théorie que je développais naguère devant le Club, à savoir qu’avec un navire convenable, il est possible, presque chaque année, d’établir une base d'opérations sur le rivage septentrional de la Terre de Grant.

Avant le Roosevelt, deux navires seulement, le Polaris et l’ Albert, avaient traversé ces passes de bout en bout. Deux autres, la Discovery et le Protée, avaient poussé jusqu’à la baie Discovery. Nous n'avions plus à présent devant nous que la pointe extrême des deux terres les plus septentrionales du

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