‹ Plus près du pôleChapitre 46 sur 232 · RES · texte numérisé non relu

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et frémit, puis, s’inclinant légèrement vers les glaçons qui se pressent contre sa coque à tribord, il les fend et les écarte à droite et à gauche. Debout sur la passerelle, j'ai la sensation, tant le mouvement est rapide, de me trouver Sur un grand traîneau filant à fond de train sur la glace.

Cela dura ainsi jusqu’à ce qu’un angle du Zoe luimême, dont la crête, par endroit, était plus haute que la lisse du navire, vint donner en plein contre la coque qu’il tint serrée comme dans un étau entre sa masse bleue et la paroi inébranlable de l’icefoot. Comme fasciné Je suivais avec terreur le mouvement irrésistible de cette masse énorme. Certes le Roosevelt avait réussi à faire glisser sous la courbe gracieuse de son arrière les milliers de tonnes de petits glaçons que le grand ffoe avait poussés contre lui, mais le rebord de celui-ci atteignait le niveau du plat-bord et à quelques mètres seulement se dressait l’arête d’une ancienne digue de pression dépassant en hauteur la passerelle où je me trouvais. C'était un instant critique. Pendant une minute peut-être, qui me parut un siècle, la pression fut effroyable. La membrure et les arcs-boutants du Roosevelt craquèrent et crépitèrent comme un feu roulant de mousqueterie. Le grand-pont se bomba au point qu’on put croire qu’il allait éclater; les mâts et les vergues étaient secoués comme par une violente rafale.

Enfin, avec un tremblement convulsif, et un bruit qui me fait penser à un athlète aspirant l’air avant de fournir un effort suprême, le navire se dégage :ilse

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