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BŒUFS MUSQUÉS

Néanmoins le bœuf musqué devait faire le fond de notre nourriture. Je comptais bien, et l'événement me donna raison, que nous trouverions un certain nombre de ces animaux à une distance relativement peu considérable de notre quartier d’hiver. Mais je me rendis compte que nous trouverions surtout à nous approvisionner dans la région du bassin du lac Hazen, comprenant les contreforts méridionaux dela chaîne des monts États-Unis. Cette région, nous ne l’avions pas explorée pendant notre séjour au fort Conger de 1899 à 1902. Aussi eut-on lieu de se féliciter du résultat des expéditions qui s’y rendirent directement du Roosevelt par voie de terre.

Les caisses de provisions que nous avions débarquées servirent à construire trois cabanes, deux petites et une grande de trente pieds de long sur quinze de large. En guise de toit on la couvrit de la brigantine; on y installa un poêle et du combustible, enfin tout ce qu’il fallait pour qu’elle pût nous servir de refuge, au cas où le navire serait détruit, On dressa également à terre quelques-unes des plus grandes tentes; on installa les barques la quille en l'air; et l’on disposa les tonneaux de façon à servir d’abri aux chiens contre le vent. Plus tard on protégea encore les huttes et les tentes par un solide rempart de neige.

Je fis attaquer enfin la masse de glace qui nous enserrait à tribord, ne laissant qu’une pente douce qui venait aboutir au niveau de l’eau, tout près de la coque du Roosevelt. Sur toute la longueur du navire on éta-

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blit, en guise de tampon, un remplissage de menus | glaçons, et sur ces derniers on bâtit un mur composé (dl | de blocs carrés de neige qui s’élevait jusqu’à la lisse,

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et même sur la partie comprise entre le grand mât et le

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mât d’artimon, jusqu’au sommet du rouf. On couvrit le

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pont d’une couche épaisse de neige battue, puis on en | fit autant du rouf et de la dunette, dont on entoura éga- 4 lement les parois d’un grand mur de neige, On ne 14 chercha pas à transformer le pont en logement à l’aide des voiles, mais on établit des vestibules de neige devant toutes les portes extérieures.

Les Esquimaux, lorsqu'ils ne battaient pas les environs, s’occupaient à fabriquer des traîneaux et des harnais, chacun les siens; et au moment où la lumière commença à baisser, je possédais un parc de trentecinq traîneaux complètement équipés. On chercha bien à hisser le gouvernail sur le pont afin de pouvoir le réparer, mais on ne put y arriver.

Marvin établit sur la banquette côtière un maréo- | ‘ 114 mètre protégé par une hutte de neige. Il prit une série } il d'observations sur les marées pendant plus de quatre

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semaines.

Un des pires désagréments de la saison fut la fréquence et la force des vents du sud. Ils se manifestaient tantôt sous forme de violentes bourrasques qui duraient quelques heures seulement, tantôt de véritables tempêtes qui persistaient pendant deux ou trois jours. Ces vents ne manquaient jamais de faire disparaître toute la neige de notre voisinage et avaient toujours pour

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