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MALADIE DES CHIENS

de lumière dorée dans le prolongement de l’axe du chenal lui-même par lequel pénètrent librement les derniers rayons de l’astre à son déclin. Cette passe constitue bien l’entrée monumentale par laquelle il est glorieux d’arriver jusqu’à la mer Polaire.

Le 16 octobre se signale par la plus violente tempête que nous ayons éprouvée depuis notre départ. Elle a pour effet de laisser la terre presque aussi nue qu'en été. IL s’est formé une nappe d’eau libre plus étendue que nous n’en avons constaté depuis un mois. Après tous ces coups de vent, le cap Joseph Henry se découpe sur le ciel, noir et menaçant. De tous les promontoires qui s’étendent vers la mer Polaire sur les côtes de Groenland et de la terre de Grant, celui-ci est le plus majestueux.

Peu de jours après, éclate une calamité comme un coup de foudre dans un ciel serein : nous sommes en danger de voir compromis irrémédiablement le succès de l’expédition par la perte de tous nos chiens. Environ quatre-vingts de ces fidèles et indispensables serviteurs succombent, avant que nous ne nous rendions compte que cette catastrophe tient à la chair de baleines que nous avons emportée pour les nourrir. Il fallut sacrifier plusieurs tonnes de cette viande. C’est ainsi qu’au commencement de la longue nuit polaire je me trouvai en face du difficile problème de nourrir mes chiens et la plupart de mes Esquimaux avec les seules ressources que pouvait offrir le pays.

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je me trouvais, j'aurais désespéré d’une tâche absolument impossible. Même la connaissant, il n’était rien moins que sûr que nous pussions nous tirer d'affaire. J'étais encouragé, toutefois, par l’heureux début de notre campagne contre les bœufs musqués et par la certitude qu’il est possible, lorsqu'on sait comment s’y prendre, de tuer ces animaux même au plus profond de la grande nuit polaire.

Le 23, il arriva des messagers faisant partie de quatre groupes de chasseurs opérant dans la région du lac Hazen. Ils m’annoncèrent que le nombre de bœufs et de rennes tués jusque-là se montait à cent quarantequatre. Malheureusement mes chiens continuaient à périr. Nous en perdimes jusqu’à dix en une seule nuit. [1 fallait évidemment agir promptement. En trois jours j’éloignai cent deux chiens, vingt Esquimaux adultes, et six enfants, en plus de ceux qui étaient déjà en campagne. À partir de ce moment jusqu’au 7 février ces chiens et la plupart des Esquimaux restèrent dans la région du lac Hazen. Une partie des hommes profitaient chaque mois de la pleine lune pour venir au quartier général avec leurs traîneaux chargés de viande. En

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s’en retournant ils emportaient du thé, du sucre, de l'huile et des biscuits.

T1 semblait désormais que le navire fût désert. La lumière faisait presque complètement défaut et l’on peut dire que l'hiver avait commencé, bien qu’offciellement il ne le fut que le 1° novembre. A partir de cette date nous ne fimes plus que deux repas par

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