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L'HIVER POLAIRE

jour, tant par économie que pour pouvoir consacrer à nos travaux les quelques heures de crépuscule dont on Jouissait encore au milieu de la journée.

Au large, la glace était sans cesse en mouvement, plus ou moins violemment selon l’état des marées et des courants. A partir du milieu d'octobre déjà, la jeune glace qui se formait constamment entre les floes était devenue très épaisse. Le bruit qu'elle faisait en se brisant sous la pression des Jloes signalait chaque mouvement de la banquise. C’était d’abord un murmure assez fort, puis, à mesure que le froid devint plus vif, un mugissement rauque, tantôt continu, tantôt intermittent comme un bruit de vagues déferlant sur une grève. l'out l’air en vibrait continuellement et, dans l'obscurité, à travers les rafales de neige, on croyait entendre gronder autour de soi un monstre irrité et menaçant.

Le 31, après dîner, je grimpai jusqu’au poste de vigie que nous avions établi au sommet d’une colline et j y restai un certain temps assis sur un quartier de roche. Dans un brouillard quasi-lumineux la neige tombait en flocons légers. C’est tout juste si j’arrivais à distinguer les contours du Æoosevelt. Je cite un passage de mon livre de bord :

« Le Aoosevelt est à mes pieds, ayant d’un côté le rivage de l” « Ultima Thule » des régions arctiques et de l’autre la grande nappe blanche de la mer Polaire centrale, avec ses mystères et ses terreurs, le théâtre de luttes héroïques qui conserve encore son impéné-

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