L’ « ŒIL » DU ROOSEVELT
puisqu'il n’en portait pas. Son gréement, léger mais pratique, présentait donc le même aspect qu’en été. Avec ses ponts découverts, le rouf et la dunette protégés seuls par des remparts de neige, le navire aperçu d’une petite distance à travers l’obscurité produisait le même effet qu’en été, lorsqu'il étaità flot. Un seul détail caractéristique frappait nos regards. C’était la lampe de la coquerie, « l’œil du Roosevelt », comme nous l’'appelions qui, nuit et jour, depuis le milieu d’octobre où le soleil nous avait quittés, jusqu’au commencement de mars où 1l revint, brillait par la fenêtre, illuminant le grand pont et perçant l’obscurité, la neige qui tombait et le brouillard, jusqu’à une distance considérable du navire. Cette bande de lumière dorée se voyait clairement du poste de vigie, jusqu’auquel nous grimpions chaque jour, les uns ou les autres, toutes les fois que le temps le permettait. Elle saluait le retour de nos groupes de chasseurs, arrivant du cap Hécla ou de l’intérieur des terres, aussitôt qu’ils avaient contourné le Cap Sheridan.
Pour quiconque croit à ces choses-là, il y avait plusieurs circonstances, dans la position du navire, qui semblaient d’heureux augure. L’avant du Roosevelt était constamment orienté vers le nord. De même son « œil » lumineux regardait sans cesse au nord: enfin, le chemin battu par lequel les traîneaux partaient du navire, quelle que fût leur destination, conduisait vers le nord, le long de l’icefoot.
Les coups de vent qui nous arrivaient du midi se
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