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bon état au cap Hécla et fermer soigneusement la hutte de neige permanente, pour empêcher le vent et la neige d’y pénétrer et d’y causer des dégâts.
De violentes bourrasques soufflent du nord-est; la neige nous cingle la figure. Mon traîneau, lourdement chargé d’objets d'équipement de rechange, n’est pas bien d’aplomb et se renverse à tout bout de champ.
J'arrive à la pointe Mors un peu avant minuit, après une étape bonne mais fatigante. Il fait un clair de lune éclatant; l’arc crépusculaire s'étend constamment vers le nord.
Le 6 mars, je quitte la pointe Mors et je m'engage sur la banquise polaire dans la direction du nord.
En 1902, je n'avais quitté le cap Hécla qu’un mois plus tard. Quatre ans auparavant, je partais du port de Payer, le 6 mars, avec dix-huit traîneaux, pour accomplir un voyage qui m’amena à 84°17° de latitude nord, beau voyage, tant au point de vue de la distance que du résultat.
On tarde un peu à se mettre en route. Il est midi avant que nous atteignions le rebord de la banquise polaire, à deux milles environ du rivage. Tout à coup nous apercevons pendant quelques instants le soleil. Il nous envoie ses rayons par une brèche entre les montagnes qui bornent l’horizon vers le midi. Est-ce de bon augure? J’aime à le croire.
Journée idéale, claire, calme et terriblement froide; au sud, le ciel est d’un jaune vif, au nord, couleur de rose, comme mes espérances.