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NOUVELLES DES GROUPES

donnant à notre 19/00 une fenêtre en glace, on distingue les objets pendant toute la nuit.

Nous nous mettons en route de bonne heure, le 0, malgré un vent du nord-ouest assez violent qui soulève des tourbillons de neige aveuglants. Quelques heures plus tard, je me croise avec le capitaine, qui revient avec son groupe du dépôt installé, d’après mes ordres, au bout de la sixième étape. Il avait quitté Henson la veille, et avait rencontré en route le docteur et Clark, de sorte qu’en quelques instants de conversation 1l put me renseigner sur la position de tous ceux qui me précédaient et me dire dans quelles conditions s’effectuait leur marche. Il m’annonce que la banquise est partout en mouvement; que le /?oe sur lequel on a établi hier mon dépôt d'avant-garde a été entraîné par la dérive à un bon mille vers le sud-est et que la piste a été interrompue en beaucoup d’endroits. Je lui donne des instructions détaillées et bientôt il a repris le chemin du cap Hécla, où il va chercher un supplément de vivres. La route aujourd’hui a été bonne; par contre, nous avons tout le temps dérivé vers l’est. J'espère qu'après les marées de syzygie la glace deviendra plus stable, si le froid se maintient.

Le 10, la glace est plus calme; il y a peu de vent. La journée est belle, la route relativement unie. Les choses marchent #rop bien. Je suis assailli par la crainte de l’eau libre un peu plus loin.

Le 11, je rattrapai le docteur et Clark à la « cache » n° 1, ce qui me permit de simplifier et d’alléger un

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Pendant les deux journées suivantes, le beau temps continua. Le froid était si intense que le vieux cognac chargé sur mon traîneau ne dégela pas un seul instant.

Le 15, je rattrapai de nouveau le docteur. Son groupe et celui d'Henson étaient campés ensemble, ce dernier prétendant avoir été arrêté par le mauvais temps. Je lui réitérai mes recommandations les plus explicites et le fis repartir.

Pour lui assurer une certaine avance, j’expédiai le groupe Marvin au cap Hécla avec mission de s’y ravitailler, pendant que le groupe Clark et le mien s’occuperaient d’aller chercher les approvisionnements laissés à la cache n° 1 et d’établir un nouveau dépôt d’avantgarde.

Sur ces entrefaites le capitaine nous rejoignit. Il était venu du cap Hécla en six étapes. Ceux de mes gens qui avaient suivi pendant une certaine distance la piste d'Henson nous apprirent que la glace y était meilleure que toute celle que nous avions rencontrée jusque-là.

Après avoir franchi péniblement un mille environ de glace terriblement accidentée, nous débouchons sur une plaine immense qui semble se prolonger à l'infini vers le nord. Cela peut très bien être la glace homogène et unie de la mer Polaire centrale. Dieu le veuille !

16 mars. — Encore une journée superbe, mais le

froid est intense. Le cognac reste gelé, le pétrole est blanc et épais. Mes chiens sont très fatigués; ils met-

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