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PASSAGE DU « FLEUVE HUDSON

vers l’ouest. Comme il souffla pendant la journée un petit vent léger du nord-est, du nord et du nord-ouest, j'espérai qu’il aurait pour effet de refermer complètement le lac avant le matin.

Pour passer le temps, et pour nous distraire de l’idée fixe qui nous obsédait, nous nous occupions de faire sécher nos vêtements au soleil et de faire divers petits travaux. C’était énervant de se voir empêché ainsi, des jours et des jours, de se remettre à l’œuvre et d'aller de l'avant, mais il s’en fallait de beaucoup que tout espoir fût perdu. La saison ne faisait que de commencer; hommes et chiens étaient en bonne santé et pleins de force et de courage. J'étais persuadé, d'autre part, qu'après avoir franchi ce passage, que j'appelais déjà dans mon esprit le fleuve Hudson, et qui devait certainement constituer le chenal entre la banquise côtière de la mer de Lincoln et le grand pack polaire, nous trouverions une glace excellente, où notre marche ne serait plus interrompue par la présence d'eau libre.

Je fis préparer deux balises, faites de boîtes de conserves. J’en plaçai une au sommet du monticule que nous appelions l'Observatoire, l’autre sur une éminence plus à l’ouest.

Je cite un passage de mon livre de bord :

« 2 avril. — Dieu merci, nous avons enfin réussi à franchir le « Fleuve Hudson », après la perte de cinq journées de beau temps. Ryan est arrivé hier soir vers neuf heures. Il a trouvé, nous dit-il, des zones d’eau

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libre dans le voisinage des igloos, d’où le docteur est reparti en arrière; d’autres, de ce côté-ci de la cache n° 2 et à différents points de la route, entre cette cache et notre campement actuel. Ces nouvelles donnent fort à penser à mes hommes. Le capitaine, que Ryan avait croisé tout près de la cache, avait eu lui aussi beaucoup d’ennuis avec ces canaux. Il avait mis trois jours à se rendre à la cache.

« Par contre il paraît que la glace entre les « Zgloos du Docteur » et la terre n’a pas bougé, et que le 22, jour du grand orage, le vent ne s’est pas fait sentir près de la côte.

« Mon impatience au sujet de l’état de la glace m’a empêché de dormir. À deux heures du matin, j'ai préparé le déjeuner et envoyé mes deux hommes en reconnaissance. Ils ont tardé beaucoup à revenir, ce qui me fit penser qu’ils ne trouvaient aucun endroit où l’on pût traverser le lac. Finalement ils sont venus m'annoncer qu'ils croyaient qu’un peu plus à l’ouest de notre observatoire la glace pouvait porter.

« En un clin d’œil tout le monde fut sur pied. Je fis passer d’abord tous les traîneaux, avec un chargement léger, et lorsqu'ils revinrent, on chargea au plus vite le restant de nos provisions. Puis je traversai moimême avec tout mon monde, sauf Ryan et deux de ses hommes qui reprirent le chemin des caches. »

Quand tout se trouva sur l’autre bord, Henson opéra le chargement de ses traîneaux et se mit en route à huit heures du matin. Mes hommes construisirent une

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